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Cancer : un premier vaccin a été administré à un patient malade

De Tiphaine Elsener - Posté le 23 juin 2021 à 14h55 dans Science

Les vaccins préventifs ou curatifs contre différents types de cancers représentent un espoir pour tous les malades, et pour ceux qui connaissent des personnes atteintes par cette maladie. Aujourd'hui, la médecine a fait un pas en avant en administrant un premier vaccin à ARN messager à un patient atteint d'un mélanome. Nous faisons le point sur ce sujet.

Les vaccins à ARN

Les recherches sur les vaccins à ARN messager se sont accélérées afin de trouver rapidement un vaccin efficace contre le COVID-19. L’ARN messager (aussi connu sous le nom de "ARNm"), ou acide ribonucléique messager, est une molécule retrouvée dans toutes les cellules. Dans la cellule, un système permet la lecture de l’information codée dans l’ARNm et la convertit en protéine. Dans le cas des vaccins à ARN messager, l’idée est de laisser nos cellules fabriquer elles-mêmes le composant contre lequel notre organisme va, peu à peu, apprendre à se défendre. Il s’agit donc d’administrer un ARN messager qui correspond au plan de fabrication d’une protéine du microbe ciblé, qui ne risque pas de nous rendre malade, mais contre laquelle l’organisme va s’entraîner à lutter.

Aujourd'hui, une nouvelle étape a été franchie avec ce type de vaccin spécifique, puisque le tout premier patient de l'essai de la phase II d'un vaccin anticancéreux a pu recevoir une première dose de vaccin.

Un premier vaccin administré

Créé par BioNTech, le vaccin anticancéreux dont il est question ici est connu sous le nom de "traitement BNT111", et ce dernier va être associé à un médicament d'immunothérapie qui existe déjà, et qui vise à combattre un type spécifique de mélanome avancé. Le BNT111 est un traitement expérimental anticancéreux à ARN messager qui a pour but d'inciter le système immunitaire à produire des anticorps contre différents types de cancer. Le BNT111 est actuellement le traitement le plus avancé de la gamme FixVac, et cible particulièrement quatre antigènes. Or, au moins un de ces antigènes est présent dans plus de 90% des mélanomes métastatiques. Il est donc logique, et intéressant, de chercher à attaquer ces antigènes.

L'essai comprend 120 patients, et va évaluer le taux de réponse global du traitement BNT111 lorsqu'il est utilisé en association avec le cemiplimab. Avec les premiers résultats obtenus en phase I, l'espoir est grand, pour le moment, de voir les anticorps réagir de façon efficace au vaccin

Özlem Türeci, M.D., cofondateur et directeur médical de BioNTech, déclare : 

Notre vision consiste à exploiter la puissance du système immunitaire contre le cancer et les maladies infectieuses. Nous avons pu démontrer le potentiel des vaccins à ARNm dans la lutte contre le COVID-19. Nous ne devons pas oublier que le cancer est également une menace pour la santé mondiale, encore pire que la pandémie actuelle.

Le BNT111 a déjà montré un profil de sécurité favorable et des résultats préliminaires encourageants lors des premières évaluations cliniques. Avec le début du traitement des patients dans notre essai de phase 2, nous sommes encouragés à poursuivre sur notre voie initiale pour réaliser le potentiel des vaccins ARNm pour les patients atteints de cancer.

En plus du traitement BNT111 dont nous parlons ici, le BNT112 (un traitement expérimental contre le cancer de la prostate), et le BNT113 (contre les cancers ORL) sont tous les deux en phase 1. De tels vaccins pourraient permettre de faire d'énorme bonds dans les taux de survie, notamment lorsqu'il s'agit de cancers complexes et avancés.

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Source(s) : Clinical Trials

Mots-Clés : vaccinCancerpremièresantévaccin à ARN

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Commentaires (11)

Par jeanLucaseco, il y a 4 mois :

La bonne nouvelle du jour

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Par Glandalf, il y a 4 mois :

Si ça marche on pourra bouffer de la charcuterie sans avoir peur et ça c'est une bonne nouvelle !

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Par NIob, il y a 4 mois (en réponse à Glandalf):

ohlala j'en salive

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Par Euskadi, il y a 4 mois via l'application Hitek :

Je vais être volontairement provocateur mais alors, pourquoi en début d'année, les vaccins contre le Covid-19 utilisant la même technologie à ARNm ont été si décriés par la population ? Oui, je sais, l'humain marche sur la tête. Si les résultats se confirmaient se serait une très bonne nouvelle.

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Par Percolator33, il y a 4 mois (en réponse à Euskadi):

Probablement que pour une personne jeune et en bonne santé, le bénéfice/risque d'un vaccin contre le Covid-19 n'a pas l'air fou, et qu'on a pas encore assez de recul pour mesurer ses (éventuels) effets indésirables sur le long terme.
Ces gens là doivent se dire que statistiquement, si ils choppent le Covid, il ne leur arrivera rien de grave… Alors que le cancer, même si la chance de le chopper est infime en début de vie, vu que ça augmente exponentiellement avec le temps, si un vaccin contre le cancer existait tout le monde le voudrait, même si il y a des risques d'effets indésirés.

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Par Logan Tripodi, il y a 4 mois (en réponse à Euskadi):

probablement car les vaccins qui ont le plus été décriés ne sont pas les vaccins à ARN messager mais les vaccins johnson & johnson ainsi qu'astra zeneca. qui eux ne sont pas à arn messager...

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Par Xerozen, il y a 4 mois (en réponse à Euskadi):

Le vaccin à ARNm a été beaucoup décrié au début parce que c'est la première fois qu'il est utilisé sur le public, et comme tout ce qui est nouveau, ça fait peur au début.
La nouveauté inspire toujours la peur ou le mépris avant d'être adoptée par chacun.

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Par LyLie, il y a 4 mois (en réponse à Xerozen):

Et je rajouterais que c'est bien le grand public qui l'a décrié. Dans le milieu scientifique et médical ce n'était pas le cas (ou beaucoup moins)

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Par Xerozen, il y a 4 mois (en réponse à LyLie):

Alors je sais qu'il y a au moins scientifique qui, sans huer le vaccin ARNm, a quand même fait savoir qu'il était très sceptique quant à la sécurité. Et c'était un de mes anciens profs d'université xD

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Par Zozito, il y a 4 mois :

Les complotistes en PLS, j'attends de voir leurs réactions qu'on se marre un peu.

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Par Chapi, il y a 3 mois :

Vaccin ? Il va falloir inventer un nouveau mot. En général, on n'injecte pas un "vaccin" à un malade... Un traitement, oui. Une thérapie génique, peut-être.
Et nous sommes loin du débat sur les "vaccins" covid qui fait rage... Il s'agit ici de tester, et d'injecter, une nouvelle technologie supposée soigner un cancer, chez 120 malades. Pas de tester, et d'injecter, une nouvelle technologie supposée protéger d'une maladie dont les jeunes n'ont (presque) rien à craindre à toute la population saine...

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