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Facebook : de nouvelles révélations viennent encore plus ternir l'image de l'entreprise

De Tahar Sadaoui - Posté le 23 octobre 2021 à 19h23 dans Informatique

Il y a quelques semaines, nous vous avions présenté l'ambition de Google de mettre un terme aux fakes news grâce à ce nouvel outil qu'ils développaient, ambition partagée par Facebook notamment. Et pourtant, un nouveau lanceur d'alerte a récemment affirmé que Facebook avait permis à la désinformation, à la haine et aux activités illégales de ne pas être contrôlées.

Facebook reveals : partie 4562

Comme le rapportent nos confrères de The Washington Post, la dernière plainte déposée auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) reproche aux dirigeants de ne pas avoir averti les investisseurs des graves problèmes de l'entreprise.

Selon une nouvelle déclaration sous serment présentée vendredi par un ancien employé de Facebook, la société privilégie la croissance et les profits au détriment de la lutte contre les discours haineux, la désinformation et d'autres menaces pour le public, selon une copie du document obtenue par le Washington Post.

Les allégations du dénonciateur, ayant été déclarées sous serment et partagées avec le Post sous couvert d'anonymat, font écho à de nombreuses allégations de Frances Haugen, une autre employée de Facebook dont le récent témoignage devant le Congrès a intensifié les appels à une action fédérale à l'encontre de la société. Haugen, tout comme le nouveau dénonciateur, a également porté ses accusations à la SEC, l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, qui surveille notamment les sociétés côtées en bourse.

Ce nouveau lanceur d'alerte est un ancien membre de l'équipe "Intégrité" de Facebook. Il rapporte alors une citation directe que ce dernier dit avoir entendu d'un haut responsable de la communication de Facebook pendant la controverse ayant suivi l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016. Alors que l'entreprise cherchait à étouffer la controverse politique, Tucker Bounds, alors responsable de la communication de Facebook, aurait déclaré :

Ce sera un feu de paille. Certains législateurs vont s'énerver. Et puis, dans quelques semaines, ils passeront à autre chose. Pendant ce temps, nous imprimons de l'argent dans le sous-sol, et tout va bien.

Cette citation, selon la déclaration sous serment du dénonciateur, illustre une attitude répandue au sein de l'entreprise concernant les contenus problématiques sur la plateforme. Cette déclaration date du 13 octobre, soit une semaine après le témoignage de Haugen au Capitole.

La déclaration poursuit en affirmant que les responsables de Facebook sapaient régulièrement les efforts déployés pour lutter contre la désinformation, les discours haineux et autres contenus problématiques, par crainte de mettre en colère le président de l'époque, Donald Trump, ou ses alliés politiques. Mais c'était aussi par crainte de freiner la croissance du nombre d'utilisateurs, élément clé des bénéfices de plusieurs milliards de dollars de la société.

encore ... ça fait beaucoup là, non ?

Le dépôt de vendredi est le dernier d'une longue série depuis 2017, menée par l'ancienne journaliste Gretchen Peters et son groupe Alliance to Counter Crime Online. Dans l'ensemble, les dépôts soutiennent que Facebook n'a pas réussi à traiter de manière adéquate les comportements dangereux et criminels sur ses plateformes, y compris Instagram, WhatsApp et Messenger.

Peters soutient aussi que les hauts dirigeants de Facebook, y compris le directeur général Mark Zuckerberg et la directrice des opérations Sheryl Sandberg, sont conscients de la gravité des problèmes au sein de l'entreprise, mais n'en ont pas fait état dans les documents déposés auprès de la SEC à l'intention des investisseurs.

Le lanceur d'alerte racontait au Post une occasion au cours de laquelle l'équipe de politique publique de Facebook, dirigée alors par l'ancien fonctionnaire de l'administration Bush, Joel Kaplan, a défendu une "liste blanche". Cette dernière exemptait notamment Breibart News, un média politique conservateur américain allié de Trump et dirigé à l'époque par l'ancien stratège de la Maison Blanche Stephen K. Bannon, mais aussi d'autres éditeurs sélectionnés, des règles ordinaires de Facebook contre la diffusion de fausses informations.

La plainte du dénonciateur a également critiqué Facebook pour ne pas avoir été assez agressif dans le traitement des preuves prouvant que la plateforme était utilisée par des responsables militaires au Myanmar. Ces derniers s'en servaient pour diffuser des discours de haine pendant les massacres de masse des Rohingyas. Des enquêtes ont révélé que les discours haineux circulaient abondamment sur le réseau social, et la société a reconnu qu'elle n'avait pas agi assez rapidement pour empêcher la plateforme de contribuer à "inciter la violence hors ligne" au Myanmar.

Une des autres critiques qui ressort est celle de l'incapacité présumée de Facebook à assurer une police adéquate de ses groupes en ligne. Organisés autour d'un thème, beaucoup sont publics et accessibles à tous, tandis que d'autres nécessitent des invitations de membres déjà présents, et qui dans certains cas, ne peuvent même pas être trouvés par des recherches ordinaires. Ces groupes seraient alors devenus au fil du temps de véritables refuges pour la criminalité, facilitant le commerce illégal de drogues et d'antiquités.

Lorsque le dénonciateur a fait part de ses inquiétudes à ce sujet au sein de l'entreprise, un responsable de Facebook lui aurait répondu : "nous devons nous concentrer sur le bien", indique-t-il dans sa déclaration sous serment.

quid de leur responsabilité ?

Pour autant, la section 230 de la loi sur la décence des communications, que certains législateurs cherchent à réformer, accorde une large immunité aux entreprises de l'Internet pour les contenus que les utilisateurs publient sur leurs plateformes. Cela constitue un obstacle à certains type d'examen juridique, mais pas nécessairement à une enquête de la SEC, qui dispose de pouvoirs d'exécutions étendus.

Stephen M. Kohn, directeur fondateur du National Whistleblower Center et un des avocats ayant travaillé sur les documents déposés vendredi par la SEC, déclarait :

Facebook a créé un modèle économique qui a accepté le mythe selon lequel il ne peut pas être tenu pour responsable.

L'entreprise Facebook a été l'un des acteurs majeurs de l'expansion des réseaux sociaux à travers le monde, et dans une moindre mesure d'Internet dans sa globalité. Pourtant, cela fait quelques années maintenant que l'entreprise doit faire face à des polémiques plus ou moins grosses. Toutes ces péripéties ont même inspiré une série actuellement en préparation, se consacrant sur les cinq dernières années du réseau social. Une chose est sûre, les auteurs auront de quoi s'inspirer.

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Commentaires (7)

Par w33b, il y a 1 mois :

Mais c'est déjà une série en fait, j'ai l'impression que chaque semaine on nous apprend des trucs de fou sur cette entreprise !

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Par CourgetteFarcie, il y a 1 mois (en réponse à w33b):

Ce que tu vois chaque semaine, c'est la machine Démocrate américaine qui veut tuer une entreprise qui ne relaye pas leur censure .
Facebook ne respecte pas moins la loi que tout les autres GAFA.

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Par rucknroller, il y a 1 mois (en réponse à CourgetteFarcie):

Et donc parce que les autres aussi enfreignent les lois, ils ne doivent pas être sanctionnés ?

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Par Kolulu, il y a 1 mois :

ça surprend encore des gens srx ?

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Par wasteak, il y a 1 mois :

"La société privilégie la croissance et les profits au détriment de la lutte contre les discours haineux, la désinformation et d'autres menaces pour le public"

Comme toutes les grosses entreprises.

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Par Julien, il y a 1 mois (en réponse à wasteak):

Non.

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Par wasteak, il y a 1 mois (en réponse à Julien):

C'est bien naif de penser ça.

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