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Le Seigneur des Anneaux : cette scène mythique du Retour du Roi n'a jamais été écrite par Tolkien

De Alix Odorico - Posté le 26 avril 2022 à 14h22 dans Cinéma

On sait que des différences notoires existent entre la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson et son matériel source, les livres de J.R.R. Tolkien. Entre les scènes coupées ou oubliées, les longs-métrages du cinéaste ont en un peu plus de 3 h de pellicule, épluché l'œuvre originale pour en tirer le jus le plus pur, quitte à rajouter quelques scènes pour amplifier un effet drama et spectaculaire. Voici aujourd'hui une scène en question qui a marqué les fans du troisième volet.

La nécessité de réinterprétation de l’œuvre originelle pour le média cinématographique

L'adaptation de l'œuvre de J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, par Peter Jackson au cinéma a été réalisé avec une prouesse technique (pour l'époque) et narrative. Fort de ses 3 films, le réalisateur néo-zélandais retranscrit assez fidèlement les événements narrés par le romancier.

Évidemment, média cinématographique oblige, tous les passages des livres n'ont pu être intégrés aux longs-métrages, malgré la durée conséquente de la trilogie en version longue, qui dure un peu plus de 10h.

Certaines scènes ont ainsi été oubliées dans les films. Citons le passage par la vieille forêt et l'arc autour de Tom Bombadill qui vient en aide aux Hobbits, qui dure pas moins de 3 chapitres de La Communauté de L'Anneau. Jackson et ses équipes ont justifié cet oubli du fait que le personnage n'apportait pas grand-chose à l'intrigue générale et que le film aurait donc été inutilement long.

Disposant d'un format bien plus court, il était alors essentiel pour le cinéaste de King Kong ou de la trilogie Le Hobbit d'omettre certaines scènes, d'en accélérer d'autres, ou même d'en modifier.

Une scène marquante...

Une scène du dernier film de la trilogie, Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, a ainsi été modifiée afin de rende le film plus impactant et époustouflant. Il s'agit de la scène de l'allumage des feux d'alarme. Alors que Gandalf emmène Pippin à Minas Tirith au cœur du royaume du Gondor, le magicien tente d'alerter l'intendant Denethor sur la menace venant du Mordor.

Néanmoins, apeuré et corrompu par Sauron, Denethor ignore les paroles du magicien blanc. C'est alors que Gandalf envoie Pippin grimper sur le bûcher et l'allumer afin d'alerter les autres royaumes. Pour rappel, plusieurs feux d'alarme sont disséminés un peu partout sur les hauts-lieux du royaume, et servent de point de relai lorsqu'un danger d'ampleur survient. C'est comme cela que Theoden sera averti et viendra au secours du Gondor.

Cette scène a marqué de nombreux fans de la trilogie heroic fantasy pour son fort potentiel émotionnel, son héroïsme et pour l'espoir qu'elle a provoqué. Ceci bien aidé par la mise en scène des magnifiques plateaux néo-zélandais, accompagnés par la musique d'Howard Shore et de son orchestre.

... absente chez Tolkien

Pourtant, dans l'œuvre de Tolkien, cette scène d'alerte n'existe tout simplement pas. Lorsque Gandalf et Pippin arrivent à Minas Tirith, les balises sont déjà éclairées. Denethor n'étant pas aussi désespéré que dans le dernier film de la trilogie, il a pris le soin d'alerter ses alliés.

Ainsi, Pippin remarque d'abord une lueur sur la colline, puis demande au magicien blanc ce qu'elle signifie. Il lui répond que " es phares du Gondor sont allumés, appelant à l'aide", et nomme l'emplacement de chaque feu, alors que la lumière se répand du Gondor au Rohan.

Cette modification opérée par Jackson est la bienvenue, de nombreux fans ont apprécié ce changement, puisqu'en plus d'ajouter un effet dramatique, elle crée de la profondeur au personnage de Pippin. Un personnage qui en a agacé plus d'un par le passé. La scène du Palantir, les jets de cailloux aux portes de La Moria, ou le cadavre qui tombe dans le puits alertant les gobelins en sont des arguments crédibles. Ainsi, l'allumage des feux et le sauvetage de Faramir représentent des scènes salvatrices pour le jeune hobbit.

A l'inverse, on peut citer une scène présente dans l’œuvre de Tolkien absente de La Communauté de L'Anneau. Une nuit, alors qu'Aragorn, Gimli et Legolas descendent la rivière Anduin, ils sont attaqués par les orcs, ainsi qu'une énorme forme sombre qui surgit, poussant un cri strident, Legolas s'interpose et fait fuir la bête, qui semble s'envoler dans le ciel. Plus tard, lorsque Aragorn, Legolas et Gimli retrouvent Gandalf, celui-ci confirme qu'il s'agissait d'un Nazgûl, monté sur un coursier ailé.

Notons en parallèle que cette trilogie aurait pu être complètement différente. C'est en 1995 que Jackson a proposé pour la première fois une trilogie du Seigneur des Anneaux. À l'époque, il voulait que le premier film soit une adaptation du Hobbit, et que les deux films suivants reprennent l'intégralité du Seigneur des Anneaux. Mais en raison de la difficulté à acquérir les droits cinématographiques du Hobbit, que Jackson obtiendra par la suite et qui donnera lieu à une autre trilogie, la trilogie du Seigneur des Anneaux telle qu'on la connaît sera finalement approuvée par New Line Cinema.

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Mots-Clés : Le Seigneur des AnneauxPeter JacksonfilmCinemapippingandalfJ.R.R. TolkienLe Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

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Commentaires (4)

Par mattics, il y a 3 mois :

Imbuvable ce pippin, même dans le 3

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Par Bibalo, il y a 3 mois :

Donc la fidélité c'est hyper primordial pour les "fans" seulement quand ça concerne le taux de personnes bronzées au casting.

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Par Rhumge, il y a 3 mois (en réponse à Bibalo):

La plupart des fans hardcore de tolkien n'aiment pas les films non plus parce qu'ils respectent pas tout les bouquins à la lettre donc bon.

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Par kratoar, il y a 3 mois :

Je vais synthétiser le propos du Chef Otaku : les univers de fantasy ont des populations différentes justement parce que la magie, la découverte, vient du fait que les gens sont différents selon où on va. Si où qu'on aille les gens sont tous les mêmes, on ne peut plus créer de décalage, de magie, et en plus ça nuit à la narration parce qu'on ne peut plus créer d'archétype.

Je vais rajouter une chose : tous les elfes et les nains du monde entier ne sont pas obligé de se ressembler, par contre ceux du même endroit si. C'est le principe même de la fantasy de montrer comme récompense ou péripétie du voyage des gens différents dans des endroits différents. Si tout est présent, quel est l'intérêt du voyage ou le mérite du voyageur ?

Quand on fait de l'art, avant de penser à la politique, on pense à l'art. On fait quelque chose de cohérent et de bien exécuté, et par-dessus on pose un propos. Et pas l'inverse, au risque de se retrouver avec un navet prétentieux. Déjà parce que si l'emballage n'est pas bon, le message ne pourra pas passer. C'est tout le principe du soft-power.

Et pour finir, les Terres explorées sont toutes décrites comme ressemblant à l'Angleterre, donc effectivement la question de l'ethnie compte. Ce qui n'aurait pas empêché de mettre des Haradrims ou des Gens des Chariots, ce qui aurait d'ailleurs été intéressant pour ces derniers puisqu'ils ne sont pas mentionnés dans les films. Ça aurait pu être l'occasion de parler d'eux, des deux mages bleus, des nains des monts bleus, du Forodwaith et aussi simplement de peut-être trouver certains des elfes qui n'ont pas suivi les Eldars.

Bref, les gens qui aiment l'œuvre aiment juste l'œuvre. Rien de plus. Le reste, ce sont vos lubies que vous collez sur les gens.

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