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James Bond - Mourir peut attendre : le dernier tour de piste de Daniel Craig laisse un goût amer (critique)

De Gaetan Desrois - Posté le 6 octobre 2021 à 19h43 dans Cinéma

Très attendu, Mourir peut attendre, le vingt-cinquième film de la saga James Bond et dernier de l'ère-Daniel Craig, sort enfin aujourd'hui, après plusieurs reports dûs à la crise sanitaire. On l'a vu, et on vous dit ce que l'on en a pensé. 

Un film très attendu

Dire que nous attendions avec impatience Mourir peut attendre relève de l'euphémisme. Grands fans de la saga James Bond, nous étions très curieux de découvrir la conclusion de l'ère-Daniel Craig, qui a permis à l'agent 007 de côtoyer les sommets du box-office, notamment avec Skyfall, qui a enregistré plus d'1,1 milliard de dollars au box-office mondial. 

Mourir peut attendre fait donc immédiatement suite à 007 Spectre de Sam Mendes, sorti en 2015. On retrouve James Bond, qui a quitté ses fonctions d'agent secret au service de Sa Majesté, et qui vit d'heureux jours en compagnie de Madeleine Swann (Léa Seydoux). Mais la retraite tranquille de Bond sera de courte durée, lorsque des éléments du passé de Madeleine referont surface. 

Des scènes d'actions intenses 

Si le légendaire Danny Boyle (Trainspotting) devait initialement succéder à son compatriote Sam Mendes (SkyfallSpectre), et réaliser ce Mourir peut attendre, le cinéaste britannique a finalement renoncé, laissant la place vacante à Cary Joji Fukunaga, que l'on a découvert avec la première saison de True Detective. Le réalisateur avait déjà montré sa capacité à signer des scènes d'action d'une grande intensité, à l'image de la fusillade clôturant l'épisode 4, filmée en un plan-séquence de sept minutes. Compte tenue de son immense réputation, il était donc tout indiqué pour la réalisation de Mourir peut attendre

Dès son introduction, Fukunaga annonce la couleur : l'introduction du personnage de Lyutsifer Safin (Rami Malek) est peut-être l'une des meilleures introductions d'antagoniste bondien, avec ce personnage évoquant le Michael Myers de la saga Halloween. Cette scène d'introduction est suivie d'une seconde, dans laquelle les jours tranquilles de James Bond sont interrompus par la résurgence de SPECTRE et des secrets enfouis de Madeleine, laissant place à une scène de poursuite particulièrement efficace, Fukunaga donnant une véritable leçon d'utilisation des décors dans les scènes d'action. Le film possède d'ailleurs d'autres fulgurances, à l'image d'une scène d'action dans une forêt, ainsi qu'un plan-séquence dans un escalier.

Le film le plus émouvant de la saga

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mourir peut attendre ne manque pas d'ambition. Film le plus long de la saga, le long-métrage assume pleinement sa part de grand spectacle hollywoodien. Le film a pour mission de conclure cinq films, pensés comme un parcours. Pour ce faire, Mourir peut attendre doit montrer que James Bond, loin d'être un héros granitique, a évolué. Et il y parvient plutôt bien. 

C'est avec un immense plaisir que nous avons retrouvé Daniel Craig dans le costume de James Bond. Quinze ans après Casino Royale, l'acteur anglais le porte toujours aussi bien. D'autant plus que le film dévoile un James Bond plus émouvant que jamais, Daniel Craig brillant aussi bien dans les séquences d'action que dans celles portées par l'émotion. Si James Bond est le plus fort et le plus élégant des héros britanniques, il n'est bien évidemment pas infaillible, et Daniel Craig porte cette dimension avec brio. 

Par ailleurs, le film tente de révolutionner certains codes de la saga, bien qu'il ne s'éloigne jamais vraiment de la formule James Bond - la licence ayant besoin de cette formule pour fonctionner. L'arrivée de Lashana Lynch dans le rôle de la remplaçante de James Bond en tant 007 a été très commentée, parfois conspuée injustement, certains craignant que James Bond devienne une femme noire. Que l'on se rassure : l'arrivée de Lashana Lynch est amenée avec pertinence, et permet un dialogue méta sur le personnage de James Bond. En effet, grâce à la dynamique buddy-movie qui s'installe entre les deux personnages, Nomi (la nouvelle agent 007) peut le commentaire de James Bond. 

D'autres éléments-clé de la franchise sont pris complètement à revers. Que ce soit la scène d'introduction, qui semble finalement très peu jamesbondesque mais qui marche terriblement bien pour les raisons que nous avons évoquées plus haut, en passant par le final extrêmement osé du film. En outre, les fans de James Bond se satisferont du profond amour pour la licence qui transpire dans Mourir peut attendre. S'il y a effectivement des révolutions dans les codes de la licence, les fans ne se sentiront absolument pas trahis. 

Un méchant inconsistant 

Bien évidemment, le film n'est pas sans défaut. Et sa plus grande faiblesse, c'est son méchant. Malgré une interprétation tout à fait satisfaisante de Rami Malek, on sent dans cet antagoniste que l'extrême générosité du film envers les spectateurs fans de la licence a son revers. En effet, dans une volonté d'y mettre tout ce qui fait la saga James Bond tout en allant à revers de certains codes, les scénaristes ont créé trois méchants en un. Le méchant est, comme d'habitude, très fonctionnel, mais il a trois objectifs (se venger, concurrencer James Bond, créer une arme capable de détruire le monde) alors qu'un seul aurait suffit, à combien plus forte raison qu'il réapparaît 1h20 après la scène d'introduction du film. L'antagoniste en devient insipide et caricatural. 

Le personnage de Lyutsifer Safin est un véritable gâchis, du fait de cette incapacité que les scénaristes ont eue de choisir une orientation pour cet antagoniste bondien. Ce qui est d'autant plus frustrant, vu que la scène d'introduction était suffisamment riche en idées pour les suivre jusqu'au bout : un personnage masqué, digne du slasher de John Carpenter, capable de se relever après avoir pris plusieurs balles dans le buffet ! Preuve de cette boulimie de scénariste fanatique : le retour de SPECTRE, avec des personnages qui peuvent prêter allégeance à une organisation criminelle puis à un antagoniste, sans aucune raison expliquant la versatilité de ces allégeances. 

Conclusion

En conclusion, Mourir peut attendre est un film aussi généreux qu'ambitieux, qui satisfera aussi bien grâce à sa mise en scène soignée, notamment sur ses scènes d'action, que par son approche novatrice des fondamentaux de la mythologie bondesque. Le film, qui ne trahit jamais son personnage, devient bancal, à cause de son méchant 3 en 1, finalement assez décevant au regard de sa magistrale introduction. Finalement, Mourir peut attendre est une très belle conclusion à l'ère-Daniel Craig, qui ne parvient néanmoins pas à égaler le film introductif, Casino Royale. On le reverra néanmoins avec plaisir ! Si cet article vous a plu, et que vous souhaitez voir ou revoir l'intégralité de la saga, on vous rappelle que les James Bond sont présents sur cette plateforme de streaming.

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Mots-Clés : Mourir Peut Attendreno time to diejames bond007SkyfallCasino RoyaleCinemacritique

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Commentaires (4)

Par Sid le Paresseux, il y a 2 mois :

J'ai beaucoup aimé perso !

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Par Will, il y a 2 mois :

Tres nul.

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Par Baka, il y a 2 mois :

...un goût amer me rappelle que je suis au ciel !!!

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Par wasteak, il y a 2 mois :

Voir ce genre de film me rend triste, on a des scenes d'actions bien filmées et chorégraphiées, et ca rend encore plus ridicule certains films d'une certaines franchise de super héros avec leur mise en scene des fights complement a la ramasse.

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