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Le réveil du cinéma d'action britannique

De Gaetan Desrois - Posté le 5 février 2020 à 17h41 dans Cinéma

Malheureusement pour le cinéma d'action britannique, on le confond souvent avec le cinéma d'action américain. Ce n'est pas qu'une question de langue commune, c'est aussi une question d'industrie : les grands réalisateurs britanniques se sont souvent expatriés à Hollywood, se confondant avec la masse. Mais en cette année 2020, le cinéma d'action britannique semble se réveiller. Et s'affirmer. Voici l'exemple avec quatre films qui feront l'année 2020 !

1917 - Sam Mendes 

Déjà sorti en salles, le dernier film de Sam Mendes est un véritable succès en salles. Après avoir gagné deux Golden Globes (Meilleur Réalisateur, Meilleur film Dramatique) et avoir fait une véritable razzia aux BAFTA (Meilleur film, Meilleur film britannique, Meilleur réalisateur, Meilleurs décors, Meilleure photographie, Meilleurs effets visuels, Meilleur son), le film risque d'être un des grands gagnants des Oscars 2020, où il est nominé dans huit catégories (Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario original, Meilleurs décors et direction artistique, Meilleure photographie, Meilleur mixage de son, Meilleurs effets visuels, Meilleure musique de film). Il faut dire que le film est un sacré tour de force : parvenir à faire un film de guerre en un (faux) plan séquence, il fallait oser. En effet, pour qu'un film de guerre passionne le spectateur, il faut garantir un certain sens du rythme. Et le plan séquence représente une certaine difficulté dans cette entreprise. Pourtant, le réalisateur d'American Beauty et de Skyfall y parvient à la perfection. Jamais on ne s'ennuie dans 1917. Le plan-séquence, loin d'être un simple artifice, un simple caprice de cinéaste, est on ne peut plus en accord avec le sujet traité : suivre deux soldats anglais dans une mission quasi-suicidaire pendant la Première Guerre mondiale. 

Le film marche à merveille grâce à une réalisation qui, bien qu'affranchie des avantages d'un montage cuté, permet d'épouser le rythme de personnages auxquels on s'attache immédiatement. L'un des autres points forts de 1917, c'est sa capacité à être un film profondément britannique. Par bien des aspects, le film rappelle Dunkerque de Christopher Nolan (acteurs majeurs du cinéma britannique passé au second plan, volonté de montrer une victoire britannique, même fictive ou théorique, volonté affichée d'être le plus immersif possible), et s'en éloigne par d'autres aspects (une seule ligne temporelle dans 1917 contre trois lignes temporelles dans le film de Nolan, volonté de montrer une mission lambda tandis que le film de Nolan montre un événement essentiel dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale). Si le film n'est pas parfait, et peut être parfois victime de son propre système (on cherche parfois le plan de coupe du faux plan séquence), saluons ce premier grand film de 2020, qui a su redynamiser un genre qu'on apprécie tout particulièrement : le film de guerre. 

The Gentlemen - Guy Ritchie 

Guy Ritchie est la figure même du cinéaste britannique qui s'est exilé outre-Atlantique, répondant aux sirènes hollywoodiennes. Malheureusement, pendant cet exil, le réalisateur des excellents Arnaques, Crimes et Botaniques et de Snatch s'est un peu perdu, pondant des blockbusters tous plus calibrés les uns que les autres, avec plus ou moins d'efficacité : Sherlock HolmesSherlock Holmes : Jeu d'ombresLe Roi Arthur et Aladdin. Heureusement, avec The Gentlemen, Guy Ritchie est de retour aux affaires. Un retour aux sources salutaire. Mais qui dit retour aux sources pour Guy Ritchie, dit film de gangsters insolent et vitaminé. Et surtout : Anglais. 

Et oui, Anglais. En racontant la course au pouvoir de parvenus aux dents longues lorsqu'un Américain baron de la drogue à Londres, génialement interprété par Matthew McConaughey (InterstellarTrue Detective) se retire des affaires, Guy Ritchie semble nous offrir une géniale mise en abîme de sa situation actuelle en tant que cinéaste. Lui, l'expatrié, se retire des affaires hollywoodiennes, et s'abandonne à nouveau au cinéma britannique. Pour notre plus grand plaisir. Eh oui, Guy Ritchie n'est jamais autant pertinent que lorsqu'il est du bon côté de l'Atlantique. The Gentlemen, sans être son meilleur film (on lui préférera toujours Arnaques, Crimes et Botanique et Snatch), n'en reste pas un excellent film de gangsters, avec son lot de scènes cultes et de dialogues ciselés. Le cinéma de Guy Ritchie est toujours plus confortable quand il nous emmène, entre deux pubs, dans une serre remplie de marijuana, plutôt qu'à Agrabah, sur un tapis volant. On a vu ce film en avant-première, et on vous conseille vivement d'aller le voir, à sa sortie le 5 février. 

007 : Mourir peut attendre - Cary Joji Fukunaga 

Prévu pour le 8 avril 2020, le dernier 007 devrait fortement attirer l'attention sur lui. Tout d'abord, il s'agit de la dernière fois où Daniel Craig revêtira le costume du plus célèbre Agent Secret de l'histoire du cinéma britannique, après quatorze années de (très) bons et loyaux services (Casino Royale, Quantum of SolaceSkyfallSpectre). James Bond, qui coule des jours tranquilles aux côtés du Dr Madeleine Swann (Léa Seydoux), est à la retraite. Mais tout va basculer quand Félix Leiter, l'agent de la CIA, viendra demander le secours de James. Le plus redoutable des agents secrets sera confronté cette fois-ci à Safin (Rami Malek), un dangereux criminel qui possède une technologie très dangereuse. 

Décrit par Daniel Craig et Barbara Broccoli (la productrice historique de la saga) comme étant un 007 plus classique, mais non moins excitant, que les précédents de Daniel Craig, Mourir peut attendre saura nous apporter son lot de scènes cultes. D'autant que l'équipe créative est assez solide, puisque la réalisation à été confiée à l'excellent Cary Joji Fukunaga (le réalisateur émérite de la première saison de True Detective, de Maniac et de Beasts of No Nation), tandis que le scénario a été confié à la britannique Phoebe Waller-Bridge (à qui l'on doit les remarquables séries Fleabag et Killing Eve) et Scott Z. Burns (La vengeance dans la peau). On a hâte !

The King's Man : Première Mission - Matthew Vaughn 

Depuis Kingsman : Services Secrets, le réalisateur britannique Matthew Vaughn semble bien décidé à faire vivre sa saga, qu'il a co-créée avec le scénariste de comics Mark Millar (Civil WarKick-Ass). Et on ne va pas s'en plaindre ! A sa sortie en 2015, le premier Kingsman a été une véritable bouffée d'air frais dans le cinéma d'action. Affichant à fond sa fibre britannique, tout en déversant une énergie punk irrespectueuse, ce mariage plus que réussi entre un James Bond et un Tarantino portait en lui les fibres d'une nouvelle grande saga cinématographique. Certes moins réussi que le premier volet, Kingsman : Le Cercle d'Or, restait un divertissement plus que satisfaisant, à la fois fun, dynamique, violent et drôle. Avec The King's Man : Première Mission, Matthew Vaughn nous offre un premier prequel. On devrait assister à la création de l'agence de renseignements Kingsman par un groupe d'hommes pendant la Première Guerre mondiale. 

Le film s'annonce lourd en scènes d'action instantanément cultes (des anecdotes de tournage nous ont appris que Raspoutine sera présent dans le film, et saura casser des bouches), bien qu'il semble prendre un ton plus sérieux. Avec son sous-titre, tout laisse à croire qu'on assistera à une trilogie parallèle à celle déjà amorcée par les deux premiers Kingsman. On a hâte de voir ce que donnera ce premier The King's Man, porté par Ralph Fiennes (La Liste de SchindlerHarry PotterSpectre), Harris Dickinson (Mathias et Maxime), Rys Ifans (Harry Potter et les Reliques de la MortThe Amazing Spider-Man) et Gemma Arterton (RocknRollaQuantum of Solace). Vivement le 16 septembre 2020 !

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Mots-Clés : The King's Man007 : Mourir peut attendre1917The Gentleman

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Commentaires (2)

Par jeanLucasec, il y a 2 ans :

Belle sélection !

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Par oolong, il y a 2 ans :

Et nous,notre cinéma Français?
ok,je sors>>> :D

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