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Voyage interstellaire : cette nouvelle méthode pourrait nous aider à coloniser l'univers

De Tiphaine Elsener - Posté le 30 mai 2022 à 18h06 dans Science

Les défis du voyage interstellaire sont immenses, nous le voyons ne serait-ce que pour organiser de A à Z une mission vers Mars. Pour autant, les scientifiques actuels ne manquent pas d'idée pour faciliter ce type de voyage à l'avenir. Une scientifique vient d'ailleurs de proposer un moyen plus facile, bien que très lent, de se déplacer entre les étoiles, et si cette dernière a raison, cela pourrait changer notre façon d'envisager le voyage interstellaire, et la recherche de la vie ailleurs que sur la planète Terre.

Les difficultés du voyage interstellaire

La science-fiction nous donne parfois l'impression qu'il est facile de sauter de planètes en planètes, mais la vérité est toute autre. Les moteurs à distorsion et autres hypothèses folles liées à une vitesse supérieure à celle de la lumière pourraient bien être totalement inenvisageables (et ce, pour toujours). Même la création de vaisseaux spatiaux capables de transporter des humains à des fractions substantielles de la vitesse de la lumière nécessiterait d'utiliser des quantités d'énergie à peine concevables.

Si l'on part de ce postulat, il faudra donc des centaines d'années, a minima, pour atteindre le système stellaire le plus proche. Chaque vaisseau interstellaire que nous pourrions construire devra par ailleurs être suffisamment grand pour transporter des milliers de personnes, afin de potentiellement pouvoir recréer une civilisation autonome en transit. La construction d'un vaisseau suffisamment grand imposerait des coûts élevés, même à une civilisation très avancée, mais Irina Romanovskaya, scientifique au Houston Community College, a une autre suggestion. Dans un article scientifique paru dans l'International Journal of Astrobiology, cette dernière explore en effet la possibilité de faire du stop sur une planète en transit.

Une manière différente d'envisager le voyage spatial

Nous savons que certaines planètes voyagent dans l'espace sans être accompagnées d'une étoile : ce sont les planètes errantes (ou "flottantes"). Une planète errante n'est attachée gravitationnellement à aucune étoile ou naine brune, et erre dans l'espace comme un objet indépendant. Des astronomes estiment actuellement qu'il pourrait y avoir deux fois plus de planètes errantes de la taille de Jupiter que d'étoiles dans tout l'Univers.

Représentation d'une planète errante.

Certaines de ces planètes errantes ont probablement été projetées par la dynamique interne des systèmes stellaires, tandis que d'autres ont pu se former indépendamment. Selon Irina Romanovskaya, ces planètes errantes offrent de véritables opportunités, qu'il faudra saisir à l'avenir. En effet, selon la scientifique, les distances interstellaires sont si grandes qu'elles poseront problème dans le futur, lorsqu'il s'agira de transporter des populations entières. À moins que le vaisseau ne fasse un arrêt sur une planète errante pour un temps.

Si une population parvient à s'y installer temporairement en effet, cette dernière n'aurait plus qu'à attendre que la planète errante passe à proximité (ou du moins à une distance acceptable) d'une autre planète. La population à l'arrêt pourrait alors reprendre son chemin interstellaire, tout en ayant effectué une pause d'une durée plus ou moins longue sur une planète errante.

Représentation d'une planète errante.

Si la proposition de Irina Romanovskaya est séduisante, elle comporte aussi de nombreux défis. Les planètes errantes seraient difficiles, voire impossibles, à piloter. Au lieu d'emmener les voyageurs directement vers un système stellaire prometteur, la planète errante pourrait, de fait, très bien les transporter vers des systèmes très peu accueillants. Et l'attente pourrait être longue, très longue, avec les problèmes que l'on connaît (froid glacial, radiations cosmiques, et autres problèmes).

Pour Irina Romanovskaya cependant, il pourrait bien s'agir du seul moyen viable d'effectuer un voyage spatial, et cette dernière détaille d'ailleurs dans son article les différentes façons dont l'humanité pourrait se servir des matériaux trouvés sur une planète errante pour survivre. Son travail apporte également un éclairage intéressant sur le paradoxe de Fermi.

Zoom sur le paradoxe de fermi

Le paradoxe de Fermi est le nom donné à une série de questions que s'est posées le physicien italien Enrico Fermi en 1950, alors qu'il débattait avec des amis de la possibilité d'une vie extraterrestre et d'une visite d'extraterrestres. Selon Fermi, des civilisations plus avancées auraient dû apparaître parmi les systèmes planétaires plus âgés et laisser des traces visibles depuis la Terre, telles que des ondes radio. Le paradoxe de Fermi peut s'énoncer sous la forme de la question suivante : "S'il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ?".

Si l'on croit en la véracité des travaux de Irina Romanovskaya, et si l'utilisation des planètes errantes est bel et bien le seul moyen viable concernant le voyage interstellaire, alors la réponse au Paradoxe de Fermi est la suivante : les extraterrestres ne sont pas là puisque le voyage interstellaire pourrait être si lent qu'une grande partie de la galaxie, en particulier vers les bords extérieurs, pourrait rester inexplorée pendant des milliards d'années. Il nous faudra donc être patient si l'on souhaite accueillir des voyageurs venus d'ailleurs, et si l'on souhaite, nous-même, faire du stop via des planètes errantes dans le futur.

Et si vous voulez savoir quel est le premier visiteur interstellaire que nous avons rencontré, vous pouvez consulter notre précédent article sur le sujet.

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Commentaires (2)

Par Farmier, il y a 2 mois :

Très intéressant le lien avec le Paradoxe de Fermi !

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Par Zorg, il y a 2 mois :

Ou bien des Vulcains aux oreilles pointues attendent sagement tapis dans l'ombre de la lune qu'un Zefram Cochrane invente un moteur à distorsion et qu'ils puissent enfin prendre contact avec les terriens !

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