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Mcfly et Carlito : ils refusent un contrat à plusieurs millions d'euros, voici pourquoi

De Tahar Sadaoui - Posté le 28 octobre 2021 à 20h05 dans Insolite

Grâce à la vidéo qu'ils ont fait avec le président de la République Emmanuel Macron, le duo de YouTubeurs Mcfly et Carlito ont énormément attiré la lumière sur eux. L'intérêt grandissant des médias traditionnels concernant les créateurs de contenus sur internet a certes le mérite de rendre de plus en plus concret ces nouveaux métiers de l'internet, pouvant paraître encore assez obscurs pour beaucoup de personnes aujourd'hui, il n'empêche que l'un des principaux axes de développement récurrents reste bien trop souvent celui de la situation financière de ces personnes.

les revenus, toujours les revenus

Tout part d'une récente enquête publiée à travers un article de l'Express, intitulé "McFly et Carlito : le business en or des influenceurs". Ayant alors mené des recherches approfondies sur les deux YouTubeurs, ils confient que les revenus des tops influenceurs français s'élèveraient entre 50 000 et 80 000 euros par mois, en prenant en compte les "opé" sponsorisées, les revenus de YouTube, les contrats d'ambassadeur, etc.

Ces nouveaux types de contrats, s'inscrivant plus sur la durée, se développent de plus en plus avec les marques. L'agent de Mcfly et Carlito explique que juste en 2021, ils avaient signé 18 contrats avec des marques, comme Red Bull ou Celio par exemple. L'article nous révèle alors que le duo aurait refusé une proposition "à plusieurs millions d'euros" offerte par un site de trading boursier, à laquelle il n'aurait pas donné suite. Des sommes astronomiques et des personnalités atypiques, c'est plus qu'il n'en fallait pour que les médias s'emparent du sujet.

Mais dans l'enquête originale publiée par nos confrères de l'Express, l'article va beaucoup plus en profondeur dans ce nouvel écosystème qu'est celui des influenceurs, apportant ainsi une certaine nuance à ce marché qui apparaît pour beaucoup comme le nouvel El Dorado.

une vie après la vidéo

Tout d'abord, ils transcrivent bien dans l'article la charge de travail que supportent ces personnes. pouvant "s'infliger des journées de 7 heures du matin à 3 heures du matin". Si le public ne voit que le côté cool des vidéos publiées, cela ne représente qu'un fragment de l'ensemble des tâches qu'ils ont à faire dans une journée. "Peu de hobbies, quasiment pas de temps mort, les influenceurs ne soufflent pas" peut-on lire comme témoignage dans l'article. 

Ces personnes, comme toutes les personnes ayant acquis une certaine notoriété et dont la vision du public les concernant est souvent biaisée, restent avant tout des êtres humains. Et bien qu'elles aient réussi à faire de leur passion leur métier, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle est pourtant loin d'être chose aisée, comme cela pourrait être le cas pour n'importe quel autre type d'entrepreneur finalement.

Attention toutefois à ne pas non plus tomber dans l'autre extrême : ces créateurs de contenus sont loin d'être les plus à plaindre, c'est simplement que le niveau de confort qu'ils ont acquis actuellement n'est que le fruit de leurs efforts fournis depuis 2012, date de la création de leur chaîne YouTube, jusqu'à maintenant.

Car justement, la montée de l'intérêt pour ce qu'on appelle maintenant communément les influenceurs propage un mythe, devenu presque comme un idéal aujourd'hui, celui de "l'argent facile", mythe que certains utilisent dans leur propre intérêt.

une inquiétante tendance croissante

Pour revenir brièvement sur le refus de Mcfly et Carlito de ce contrat à plusieurs millions d'euros, ces derniers auraient selon l'Express rejetée cette proposition car le duo évite les jeux d'argent, jugés "trop sulfureux". Et c'est vrai que ces derniers temps, on constate une augmentation de la promotion des jeux d'argent par les influenceurs, entraînant des dérives qui inquiètent même le délégué général de l'ARPP (organisme de régulation du marché de la publicité) Mohamed Mansouri :

Le marketing d'influence est un marché mondial à 9 milliards d'euros où l'on doit encore renforcer la transparence et la déontologie.

Ces dérives ont notamment fait l'objet d'une récente enquête publiée sur Mediapart, traitant justement de l'attraction que les influenceurs pouvaient exercer sur les jeunes, les plongeant dans le piège du trading en ligne.

Ces pratiques ont été jugées dangereuses par l'Autorité des marchés financiers (AMF), la police française de la Bourse, qui s'inquiète du nombre croissant de Français qui s'y essayent avec l'espoir de s'enrichir, mais qui finissent par perdre gros. La directrice des épargnants à l'AMF Claire Castanet nous dit dans l'article :

Les chiffres parlent d'eux-mêmes, car 9 clients sur 10 des applications de trading sont perdants. Et on voit bien que ça touche des gens qui ont cru en des promesses illusoires et qui finissent par perdre soit l'argent de toute une vie, soit, pour les jeunes, l'argent dont ils ont besoin pour financer leurs études.

Veillons d'abord à ne pas mettre tous les influenceurs dans le même panier. Les influenceurs présentés ici sont pour la grande majorité des célébrités de téléréalité, qui profitent alors de leur large communauté (souvent jeune et naïve) et de sa confiance pour faire la publicité d'applications de trading, promettant monts et merveilles à tout le monde et n'importe qui, en minimisant voire en n'évoquant pas du tout les véritables risques encourus, bien évidemment.

Et comme le rappelle Mediapart, le fait est qu'en France, la publicité pour les produits financiers est fortement encadrée par la loi, et même bien souvent interdite. Le problème est alors double, car d'un côté, les applications et plateformes proposant ces services appartiennent souvent à des sociétés majoritairement domiciliées dans des paradis fiscaux, échappant donc à toute régulation des autorités françaises et européennes. De l'autre, les influenceurs eux-mêmes, sûrement au fait de la probable illégalité de leur activité, résident presque tous à Dubaï, qui n'est pas réputée pour sa coopération judiciaire internationale.

Sur place, il ne reste alors que les victimes, à qui on a voulu faire croire à des chimères. Au début de son article, Mediapart nous présente Brahim, qui a suivi les conseils de Marc Blata, un influenceur issu de la téléréalité, et qui a perdu 2 000 euros. "200 euros par jour, sans avoir rien à faire. C'est vrai que ça fait rêver" commencait-il. Mais lorsque la réalité l'a rattrapé, il a compris que c'était tout sauf une opportunité, expliquant à juste titre "qu'on ne s'improvise pas trader du jour au lendemain".

Et si la crise sanitaire a été une chance pour les influenceurs qui ont pu fortement gagner en exposition, elle l'a également été pour les marques qui ont su utiliser les nouveaux médias d'internet, devenu dès lors leur nouveau moyen de communication leur permettant de capter une large audience. Pour autant, la crise a aussi été pour beaucoup synonyme de précarité financière. En décidant de ne pas jouer sur la promesse de l'indépendance financière, Mcfly et Carlito s'évitent non seulement des soucis avec la justice française, mais permettent surtout de préserver leur intégrité éthique et morale, d'autant que leur récente collaboration avec Winamax avait déjà fait débat.

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Commentaires (4)

Par w33b, il y a 3 mois :

Clairement tout ce qui est pari sportif, appli de trading et casino en ligne, c'est limite limite pour un créateur de contenu, surtout quand tu sais comment peut fonctionner le principe de rémunération, parfois assez vicieux

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Par Desaccord, il y a 3 mois :

Bah en général on peut vite déterminer ce que recherche l'intéresser.
Ceux qui font la pub de jeux d'argents et app de trading méritent d'avoir le droit à des analyses de l'âge de leur audience, et en fonction de ça, des sanctions justes.
Mais bon notre pays fout 40 pubs de ce genre avant les matchs, comme si c'était cool de jouer avec son argent.
Ce qu'ils diront jamais c'est que dans les deux cas, t'auras 30% de gagnant pour 70% de perdant.

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Par SlayEx, il y a 3 mois :

J.

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Par Lulzlesnoob, il y a 3 mois :

1) Ils n'ont pas les compétences pour parler trading (même si c'est un script à lire, on voit vite que c'est pas leur domaine)
2) Leur public n'est pas la cible du site
3) La réputation que t'obtiens en vendant ton cul à ce genre de boite annule complètement ta carrière

Donc y'a pas besoin de se poser beaucoup de questions sur la raison

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