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Dossier : Les légendes de Disney, ces artistes qui ont changé la face du studio (partie 1)

De Gaetan Desrois - Posté le 2 janvier 2019 à 10h52 dans Cinéma

Depuis l'enfance, je voue un véritable culte au studio Disney, qui demeure aujourd'hui encore ma plus grande madeleine de Proust. Alors que 2019 sera, assurément, l'année la plus lucrative pour le studio (avec les sorties successives de DumboCaptain MarvelAvengers : EndgameAladdinToy Story 4Le Roi LionSpiderman : Far From Home, Artemis FowlLa Reine des Neiges 2 et Star Wars, épisode IX), j'ai voulu rendre hommage au studio, en vous proposant le portrait de vingt personnalités qui ont changé la face du studio, et ce faisant, changé la face du cinéma. Ce dossier sera divisé en deux parties. Les 10 prochains portraits devraient sortir incessamment sous peu. 

1. Walt Disney

Difficile d’écrire cet article sans commencer par celui sans qui rien n’aurait été possible. Beaucoup ont une mauvaise opinion de Walt Disney. On retient de lui un homme despotique, colérique, ambitieux et conservateur. Si on peut difficilement nier cette image d’Epinal, la connaissance de l’Histoire de Walt Disney permet de l’apprécier un peu plus en tant qu’homme. Et plus important encore, son histoire permet une meilleure compréhension de son œuvre. Quatrième fils d’un homme autoritaire et violent, Walt Disney a grandi passionné par le dessin. Enfant, il a vécu dans une ferme, et la proximité avec les animaux lui permettait d’oublier ce père, qu’il admirait cependant. Walt Disney a toujours vécu avec ce besoin impérieux d’être aimé, d’être admiré. Et c’est ce besoin qui a toujours motivé ses choix.

Qu’on l’admire ou qu’on le déteste, il serait mensonger de ne pas le voir comme un des plus grands génies du septième art. Walt Disney ne s’est pas contenté d’être le créateur de Mickey et du studio Disney. Il est aussi le premier cinéaste à avoir utilisé le son dans des courts-métrages d’animation (Mickey), la couleur (la magnifique série des Silly Symphonies), le premier à avoir réalisé un long-métrage d’animation (Blanche-Neige et les sept nains), le premier à avoir utilisé le format CinemaScope (La Belle et le Clochard). Et c’est là qu’une partie minime des innovations de Walt Disney. Mort en 1966, avant la sortie du Livre de la Jungle, Walt Disney aura laissé un héritage énorme, qui permit au cinéma de devenir un lieu de plaisir populaire et familial. Mais, selon plusieurs historiens du cinéma et spécialistes de l’oeuvre disneyenne, le chef d’oeuvre de Walt Disney, son épitaphe laissée à la postérité, reste DisneyLand, le parc qu’il a conçu. À sa mort, en 1966, c’est l’un des plus grands génies du Septième Art que nous avons perdu. Ce n'est pas pour rien si Disney est le cinéaste à avoir gagné le plus d'Oscars du cinéma (vingt-six en tout) !

2. Ub Iwerks

Ub Iwerks est l’homme de l’ombre. Il rencontre Walt Disney en 1919, alors qu’ils travaillent tous deux pour Pesmen-Rubin Commercial Art Studio. Les deux hommes deviennent amis, quittent ensemble l’entreprise, et crée la-leur en 1920, mais ils devront mettre la clé sous la porte à peine un mois plus tard. En 1922, Walt Disney fonde, avec plus de succès, Laugh-O-Gram Studio, l’ancêtre du studio Disney, qui produit des courts-métrages inspirés de contes de fées. Mais là encore, les deux compères devront mettre la clé sous la porte, dès 1923. Lorsque Walt Disney fond avec son grand frère Roy le Disney Brothers Studio, qui deviendra ensuite The Walt Disney Company, Ub Iwerks est de nouveau de la partie. Il anime et/ou réalise entre 1923 et 1927 une cinquantaine d’épisodes d’Alice Comedies, série inspirée d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll mêlant animation et prises de vues réelles, grâce à un système inventé par Disney et Iwerks. Ce système sera d’ailleurs utilisé dans plusieurs films d’animation réalisés entre 1942 et 1948, tels que Les Trois Cabarellos et Coquin de printemps, avant d’être perfectionné en 1964 pour Mary Poppins. Puis, il co-crée avec Walt Disney pour Disney Brothers Studio Oswald, le lapin chanceux, mais leur création leur sera usurpée par un homme d’affaires peu scrupuleux (Charles Minks). Walt Disney crée dont le célébrissime personnage de Mickey Mouse, qui deviendra un succès international sans précédent. Non content d'animer et de réaliser une dizaine de films Mickey Mouse (dont les chefs d’oeuvre Steamboat Willie (premier film d’animation à utiliser le son) et The Jazz Fool), il scénarise et dessine également de nombreux strip Mickey Mouse publiés dans les journaux. Il réalise en parallèle plusieurs épisodes de la série Silly Symphonies, véritable laboratoire pour les animateurs de The Walt Disney Company, et premiers courts métrages d’animation à utiliser les technique de la Technicolor. Cet homme discret et timide a bouleversé la carrière de Walt Disney, participé grandement à son héritage, et mourra en 1971, cinq ans après son ami de longue date.

3. Ben Sharpsteen

C’est en 1929 que Ben Sharpsteen rejoint Walt Disney et Ub Iwerks. D’abord animateur sur de nombreux épisodes de Mickey Mouse (Mickey’s Choo-Choo, El Terrible Toreador) et des Silly Symphonies (dont le chef d’oeuvre The China Plate) il deviendra ensuite, à partir de 1934, de nombreux épisodes de Mickey (dont les très bons On Ice et Mickey’s Circus) et de Donald (Donald and Pluto, Don Donald). Mais lorsque Walt Disney décide de lancer une bombe atomique sur le cinéma mondial avec le premier long-métrage d’animation de l’Histoire, Blanche-Neige et les sept nains (1937), la carrière de Ben Sharpsteen va s’envoler. Réalisateur de séquence sur Blanche-Neige, il sera promu réalisateur des longs-métrages suivants : Pinocchio (1940), Fantasia (1940) et Dumbo (1941). Autrement dit, Ben Sharpsteen est le réalisateur de trois des cinq longs-métrages d’animation du premier âge d’or de Walt Disney Pictures, qui s’achèvera avec Bambi en 1942. Par la suite, Ben Sharpsteen, que beaucoup considéraient comme étant le second de Walt Disney, produira plusieurs documentaires animaliers pour The Walt Disney Pictures (dont Bear Country). Ce génie qui aura contribué très largement au prestigieux héritage de Disney s’éteindra en 1980.

4. Floyd Gottfredson

Floyd Gottfredson est à Mickey ce que Carl Barks est à Donald. Engagé chez Disney comme intervalliste en 1929, il se voit confier par Walt Disney en personne la tâche de succéder à Ub Iwerks de scénariser et dessiner les strips Mickey Mouse, dès 1930. Sa première histoire est le remaniement d’un scénario écrit et abandonné par Walt Disney : Mickey dans la vallée infernale (1930). Non content d’avoir fixé les détails physiques de personnages iconiques tels que Dingo ou Pat Hibulaire (le pire ennemi de Mickey), il a également créé de nombreux personnages mémorables, dont Le Fantôme Noir (en 1929 dans Attention au Fantôme Noir), le Commissaire Finot (en 1929 dans Attention au Fantôme Noir) et Iga Biva (en 1947 dans L’Homme du futur). L’oeuvre de Gottfredson est d’une richesse inestimable. Il deviendra d’ailleurs directeur du département bande-dessinée de Disney de 1930 à 1946. Il s’éteindra en 1986. Aujourd’hui, il est un des auteurs Disney les plus admirés, et l’intégralité de son œuvre fait l’objet d’une sublime réédition chez Glénat.

5. Carl Barks

Carl Barks commence sa carrière chez Disney en 1935 comme intervalliste. Un intervalliste dessine tous les dessins répétitifs permettant de créer l’impression de mouvement. Très vite remarqué, il intègre dès 1936 l’équipe des scénaristes. En 1937, il crée dans le court-métrage Donald’s Nephews les personnages de Riri, Fifi et Loulou, les neveux du canard grincheux. Il quitte Disney en 1942 (car il a été critiqué pour son travail), et rejoint Western Publishing, qui publie les comics books de The Walt Disney Company. Fort de son expérience sur la série des Donald Duck, on lui demande de scénariser la série de comics Donald. C’est en tant que scénariste et dessinateur de BD que Carl Barks fera exploser son génie, et complétera comme personne l’univers de Donald Duck. On lui doit notamment la création du célèbre oncle Picsou (créé en 1947 dans Noël sur le mont Ours), Gontran Bonheur, le cousin chanceux et rival de Donald Duck (en 1948 dans Un pari ridicule), Les Rapetou (en 1951 dans Donald et l’Auto-défense) l’inventeur Géo Trouvetou (en 1953 dans Le Secret de Gontran), l’ennemie de Picsou, la sorcière Miss Tick (en 1961 dans La Sorcière du Vésuve), le voisin hargneux de Donald, Lagrogne (créé dès 1943 dans Chers voisins) et l’Organisation des Castors Juniors (en 1951 dans Castors Juniors à la rescousse). Terriblement drôles, particulièrement inventives, les histoires de Carl Barks font l’objet d’un véritable culte à travers le monde. Toute son œuvre pour l’univers de Donaldville a été publiée en France dans une incroyable intégrale de 24 tomes, très documentée.

6. Wolfgang Reitherman

Après une période difficile due à la crise d’après-guerre, Walt Disney Pictures revient en force en 1950, avec Cendrillon. Pourtant, alors qu’on s’attendait à un nouvel âge d’or, s’ouvre une période où s’alterneront chefs d’oeuvre (Peter Pan, La Belle et le Clochard) et d’échecs relatifs (Alice au Pays des Merveilles et La Belle au Bois dormant). En 1959, La Belle au Bois dormant divise, malgré ses qualités intrinsèques (le formidable travail de l’animateur Mark Davis sur le personnage de Maléfique). Est mise en cause une pauvreté graphique dans le character design. En gros, les personnages sont trop lisses. Pour le long-métrage suivant, Les 101 Dalmatiens, Walt Disney adjoint au réalisateur de La Belle au bois dormant Clyde Geronimi un autre réalisateur : Wolfgang Reitherman. Au manque de détails de La Belle au Bois dormant, Reitherman répond par une abondance de détails, qui contribueront à faire des 101 Dalmatiens le chef d’oeuvre qu’il est aujourd’hui. Ce réalisateur, qui a animé certains des chefs d’oeuvre du premier âge d’or de Walt Disney Pictures (on lui doit notamment la baleine Monstro dans Pinocchio et également les dinosaures de Fantasia), aura l’intelligence d’utiliser la technique développée par Ub Iwerks, la xérographie. Plus besoin de peindre à la main les celluloïds, on peut désormais les reproduire à volonté. Le trait des personnage est plus fort. Cela donne naissance à un style extrêmement dynamique, qu’accompagne des décors très détaillés. Le film est un succès énorme (le plus gros succès de 1961). Et en plus, la technique graphique, bien que pas très appréciée par Walt Disney, permet d’importantes économies d’argent. Devenu, suite au succès des 101 Dalmatiens, directeur de l’animation en 1961, Wolfgang Reitherman sera ensuite l’unique réalisateur des longs-métrage d’animation suivants : Merlin l’enchanteur (1963), Le Livre de la Jungle (1967), Les Aristochats (1970), Robin des Bois (1973), Les Aventures de Bernard et Bianca (1977) et Les Aventures de Winnie l’ourson (1977). Seuls Merlin l’enchanteur et Robin des Bois seront considérés par la critique et le public comme des échecs, avant de devenir cultes. Reitherman trouvera la mort dans un accident de voiture en 1985. On se souvient aujourd’hui de ce réalisateur de génie comme étant celui qui a imposé à Disney une patte graphique qui perdurera pendant presque deux décennies.

7. Don Rosa

Digne successeur de Carl Barks, Don Rosa fait ses débuts chez Disney en 1986. Très vite, son travail sur Picsou se fait remarquer. Chez Don Rosa, Picsou est plus « sentimental » que chez Carl Barks. Malgré cette différence, son œuvre est une lettre d’amour adressée aux travaux de Barks. D’ailleurs, presque toutes ses BD contiennent l’acronyme D.U.C.K. pour Dedicated to Uncle Carl from Keno. Si chacune de ses œuvres bénéficie de son extraordinaire génie graphique, le chef d’oeuvre de Don Rosa demeure La Jeunesse de Picsou (en anglais The Life and Times of Scrooge McDuck). Cette série, publiée entre 1992 et 1994 vaudra à son auteur un Will Eisner Award, c’est à dire la plus haute distinction pour un comics. L’intégralité de l’oeuvre de Picsou est publiée chez Glénat, dans une sublime édition très documentée.

8. Alan Menken et Howard Ashman

Si on attribue généralement (et avec raison) à Jeffrey Katzenberg, alors président de Walt Disney Pictures, le mérite d’avoir offert un second souffle à Disney, pendant les années 90 (second âge d’or du studio), Alan Menken et Ahsman font indiscutablement partie des principaux artisans de ce renouveau. Ils se font remarquer en 1986 pour la comédie-musicale qu’ils ont composée La Petite Boutique des Horreurs (en anglais Little Shop of Horrors). Face au succès de la comédie musicale, Walt Disney Pictures leur fait les yeux doux, et ils intègrent dès 1987 le studio. Leur premier fait d’arme sera d’écrire les chansons et de composer la musique de La Petite Sirène (1989) de Ron Clements et John Musker. Le succès est énorme. Le public, qui en voulait à Disney suite aux échecs successifs de Rox et Rouky, Taram et le Chaudron magique et Basil, détective privé (des films aujourd’hui cultes), tombe instantanément amoureux d’Ariel. Et les chansons du film, de Partir là-bas à Sous l’océan, en passant par Pauvres âmes en perdition et Embrasse-là, sont instantanément adoptées par le public. En 1991, le duo magique frappe encore plus fort avec La Belle et la Bête de Gary Trousdale et Kirk Wise, et ses chansons qui sont parmi les plus adorées des fans de Disney : Belle, Gaston, C’est la fête, Je ne savais pas, Histoire éternelle, Tuons la Bête et La Belle et la Bête. Mais Howard Hasman mourra du SIDA pendant la préparation du film. Le film lui sera dédié, avec une dédicace rendant hommage à son immense talent : « A notre ami Howard, qui a donné sa voix à une sirène et son âme à une bête, nous serons toujours reconnaissants. » Le duo remportera d’ailleurs (à titre posthume pour Ashman) les Oscars de la Meilleure musique de film (qu’ils avaient déjà reçu pour La Petite sirène) et de la Meilleure Chanson originale.

Malgré la peine qu’il a eue de perdre son ami et collaborateur de toujours, Alan Menken s’associe à Tim Rice pour terminer la musique et les chansons d’Aladdin, sur lesquelles Howard Ashman avait travaillé avant de mourir. Là encore, Alan Menken gagne l’Oscar de la Meilleure bande originale. Le compositeur signera ensuite la BO de Pocahontas, Le Bossu de Notre-Dame et Hercule, avec Stephen Swchartz. Pocahontas lui fera remporter un nouvel Oscar (ce qui n’est pas étonnant, étant donnée la beauté des compositions!). Bien qu’il n’en ait remporté aucun pour Le Bossu de Notre-Dame, il s’agit à mon sens de son meilleur travail. Dès Les Cloches de Notre-Dame, le duo Menken-Schwartz font mouche, avec une composition complexe. Ils utilisent à merveille le Dies Irae dans la poursuite de la mère de Quasimodo par Frollo, en mettant exergue une possible polysémie. À qui s’adresse cette « colère divine » ? A la « Bohémienne », symbole du vice aux yeux de Frollo et du peuple de Paris ? Ou à Frollo, véritable fou de Dieu. Le reste des chansons est de la meilleure facture ! De la sublime Les Bannis ont droit d’amour (qui nous fait instantanément tomber amoureux d’Esmeralda) à Infernale (la meilleure chanson Disney de l’Histoire), la BO est sublime. La grande force des compositions d’Alan Menken, qu’elles soient co-écrites avec Howard Ashman, Tim Rice ou Stephen Schwartz, c’est qu’elles sont écrites comme des comédies musicales. Si dans les années 2000, Alan Menken aura moins de succès (on lui doit les BO de La Ferme se rebelle et Il était une fois), il est aujourd’hui de nouveau la star de Disney depuis la BO de Raiponce (en 2010). Les adaptations en live-action des grands classiques Disney l’ont remis sur le devant de la scène, et lui font revisiter ses anciennes compositions. La BO du remake de La Belle et la Bête est sublime, et il a composé pour l’occasion de nouvelles chansons, dont Days in the sun et Evermore, qui viennent côtoyer les anciennes chansons composées avec Howard Ashman. Le film Aladdin devrait suivre le même chemin. On a hâte !

9. George Lucas

Certains m’en voudront d’avoir inclus George Lucas dans ce dossier. Pourtant, je me suis senti obligé de le faire, pour diverses raisons, et pas uniquement parce que je suis un très grand fan de Star Wars et d’Indiana Jones. La première des raisons, c’est qu’il est évident que le rachat de LucasFilms par Disney en 2012 a très largement participé à faire du studio aux grandes oreilles le BIG ONE du box-office mondial. Disney a su profiter pleinement de ses acquisitions, en créant dès 2015 une nouvelle trilogie aussi lucrative que controversée (Star Wars : Le Réveil de la Force, Star Wars : Les Derniers Jedi et Star Wars, Episode IX), deux spin-off (Rogue One : a Star Wars story et Solo : a Star Wars story), deux séries animées (Star Wars Rebels et Star Wars Resistance), d’innombrables comics édités chez Marvel (dont Star Wars, Dark Vador, Princesse Leia, Kanan, le dernier Padawan, Thrawn, Mace Windu, Dark Maul) et romans. Sans oublier les séries The Mandalorian et le prequel de Rogue One, fers de lance de leur nouveau service de SVOD prévu pour 2019, Disney+.

Mais l’idylle entre Disney et Lucas remonte à bien plus loin que 2012. George Lucas, comme Walt Disney avant lui, est un homme d’affaire terriblement ambitieux, doublé d’un artiste de génie. Lorsqu’il développe LucasFilm Computer Division en 1979, un service de la division informatique de LucasFilm ldt., George Lucas et ses équipes ont fait un gigantesque bond en avant tant en matière de son et d’image numérique. Lorsque LucasFilm Computer Division prend le nom de Pixar en 1986 et se spécialise dans l’animation 3D, Disney s’y intéresse grandement. Disney participe également à la création du Computer Animation Production System (CAPS), une collection de logiciels d’animation développé en collaboration avec Pixar. D’ailleurs, les deux premiers longs-métrages de l’Histoire à utiliser la technologie du CAPS sont deux classiques d’animation Disney : Bernard et Bianca au Pays des Kangourous (1990) et La Belle et la Bête (1991). En 1992, l’équipe d’ingénieurs Disney / Pixar (trois ingénieurs de Pixar et sept de Disney pour être plus précis) recevront d’ailleurs l’Oscar technique ou scientifique. Le CAPS sera ensuite utilisé par Walt Disney Pictures notamment pour Aladdin (1992), Le Roi Lion (1994), Le Bossu de Notre-Dame (1996), Mulan (1998) et Tarzan (1999). A noter également que les réalisateurs de Disney ont souvent voué leur amour aux œuvres de George Lucas. On se souviendra plus particulièrement de Picsou et le trésor de la lampe perdue (1990), qui rend hommage au premier Indiana Jones.

10. John Lasseter

Quel sacré parcours que celui de John Lasseter ! Étudiant et diplômé de Cal Arts (l’école fondée par Walt Disney en 1961), John Lasseter fait partie de la même promotion que Tim Burton (Les Noces funèbres, Frankenweenie) et Brad Bird (Les Indestructibles, Le Géant de fer). En 1979, il entre en même temps que Tim Burton (avec qui a des liens amicaux) chez Walt Disney Pictures, comme la plupart des étudiants de Cal Arts. Les deux compères intègrent l’équipe d’animateurs travaillant sur Rox et Rouky (1981). John Lasseter sera licencié en 1983, et intègre LucasFilm Computer Graphics Group, créé par George Lucas. En 1984, il travaille sur Les Aventures d’André et Wally B., le premier court métrage de l’Histoire à être entièrement réalisé par ordinateur. Lorsque George Lucas vend LucasFilm Computer Graphics Groups et le CAPS à Steve Jobs, ce dernier renomme l’entreprise Pixar, et nomme John Lasseter directeur artistique. Il réalisera successivement Toy Story (1995), 1001 pattes (1998), Toy Story 2 (1999), Cars (2006) et Cars 2 (2011). A la pointe des dernières innovations technologiques destinées à l’animation, les réalisations de John Lasseter sont de purs chefs d’oeuvre, brillant également par leur humour et leurs scénarios. En tant que producteur et directeur artistique de Pixar, Lasseter veillera à ce que chaque film relève un challenge supplémentaire. Lorsque Disney rachète Pixar en 2006, après une collaboration de plus dix ans, John Lasseter se voit proposer une double casquettes : d’un côté il continue à produire les différentes productions Pixar en tant que directeur artistique, d’un autre côté il devient le directeur de l’animation de Disney. Sa première mesure en tant que directeur de l’animation, c’est d’arrêter toutes les suites estampillées DisneyToons Studios, débutée avec Le Retour de Jafar dans les années 90, et qui pour beaucoup étaient très discutables du point de vue qualitatif. Alors que Disney est en pleine traversée du désert depuis le début des années 2000 (et ce malgré de très bons films tels que Atlantide, l’empire perdu, Lilo et Stitch ou La Planète au trésor), John Lasseter permet au studio de se reprendre en main. Voyant d’abord que les désastres de l’animation 3D dans Chicken Little (2005) et Bienvenue sur les Robinsons (2007), il dépêche un nouveau duo de réalisateurs, Byron Howard et Chris Williams, pour Volt, star malgré lui (2008), meilleur classique d’animation en 3D réalisé par Disney pendant les années 2000. Puis, pour le film suivant, Lasseter désire revenir vers une animation traditionnelle en 2D, avec les excellents La Princesse et la Grenouille (2009) et Winnie l’ourson (2010). Mais Lasseter a encore d’autres cordes à son arc, et il s’apprête à refaire de Disney le Big One de l’animation : il lance successivement la production de Raiponce (2011), Les Mondes de Ralph (2012), La Reine des Neiges (2013), Les Nouveaux Héros (2014), Zootopie (2016) et Vaiana, la Légende du bout du monde (2016). Chacun de ces films, qui allie à la fois le meilleur de la technologie 3D aux canons disneyens (histoires de princesses, animaux anthropomorphes). La Reine des Neiges, Les Nouveaux Héros et Zootopie ont rapporté l’Oscar du Meilleur film d’animation. Enfin, Disney connaît son troisième âge d’or ! Côté Pixar, le succès est également chaque fois au rendez-vous : Le Monde de Némo, Les Indestructibles, Ratatouille, WALL-E, Là-haut, Toy Story 3, Rebelle, Vice-versa et Coco remporteront l’Oscar du Meilleur film d’animation. Mais le principal artisan du troisième âge d’or de Disney a été rattrapé par une affaire de harcèlement sexuel, dans la foulée de l’affaire Weinstein. The Hollywood Reporter explique que le directeur aurait fait des « avances non souhaitées » envers l’actrice Rashida Jones. John Lasseter prend la décision de quitter ses fonctions. Bob Iger, le PDG de Disney, a néanmoins tenu rendre hommage à son génie.

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Mots-Clés : DisneyCarl BarksDon RosapicsouMickeyStar Warsgeorge lucas

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Commentaires (8)

Par jeanLucasec, il y a 3 ans :

Toujours passionnant ces dossiers !

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Par Zemixa, il y a 3 ans :

"je vouE un véritable culte"

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Par Hollics, il y a 3 ans :

C'est drôle de se dire qu'un échec chez Disney n'est pas un véritable échec. Je m'explique, on parle de films comme la belle au bois dormant, merlin l'enchanteur et Robin des bois comme des échecs, pourtant on ne va pas dire que ce sont des mauvais films comme les navets de Kev Adams, ils restent populaires malgré tout

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Par Comprendre Interstellar en 4 leçons, il y a 3 ans (en réponse à Hollics):

Ce sont des échecs commerciaux lors de leur sortie, mais comme tu dis, artistiquement ce sont de bons films et ont quand même leur public.

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Par Spider Marmotte, il y a 3 ans :

Que des mâles blanc hetero cisgenre oppressifs . On est en 2019 quoi !

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Par Comprendre Interstellar en 4 leçons, il y a 3 ans (en réponse à Spider Marmotte):

Qui pratique des avances "non souhaitées" , soit ce sont des rois de l'euphémisme, soit le puritanisme américain est devenu extrêmiste .

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Par Takaratker, il y a 3 ans :

Excellent dossier, très intéressant.

On peux aussi cité le duo Ron Clements/John Musker qui nous ont livrés de belle pépite.

Bon je suis pas objectif, une partie de mes Disney préférés sont d'eux.

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Par Gaetan, il y a 3 ans (en réponse à Takaratker):

Bonjour, merci pour votre commentaire, qui me fait chaud au coeur ! Je suis justement en train d'écrire la partie 2, et ils sont présents dans ce classement, aux côtés de Gary Trousdale et Kirk Wise :)

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