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Kaamelott : le Roi Burgonde (Guillaume Briat) répond à nos questions

De Gaetan Desrois - Posté le 30 avril 2024 à 15h22 dans Séries TV

Quelques mois après avoir interviewé l'acteur Tony Saba, connu entre autres pour son interprétation de Hervé de Rinel dans la saga Kaamelott, Hitek a eu l'opportunité d'interroger Guillaume Briat, l'indémodable Roi Burgonde de la série médiévale-fantastique d'Alexandre Astier, alors qu'il était invité du Paris Fan Festival. L'occasion pour nous de discuter de son rapport à la série Kaamelott, à son personnage, mais aussi son rapport aux fans, à Obélix et aux web-séries.

Bonjour Guillaume Briat. Pourriez-vous vous présenter pour nos lecteurs qui ne vous connaitraient pas encore et nous raconter comment vous en êtes venu à devenir comédien ?

Bonjour. Après un parcours de 3 ans dans différents cours de théâtre, dont des conservatoires d’arrondissements à Paris, j’ai commencé à travailler professionnellement comme comédien en 1986 dans une compagnie de théâtre qui s’appelait « Le Théâtre du Campagnol », dirigé par Jean-Claude Penchenat. J’ai donc appris mon métier avec eux pendant presque 5 ans en jouant dans différentes créations et pièces du répertoire classique français et italien. Parallèlement, je commençais à jouer au cinéma puis à la télévision. Un de mes premiers rôles aux cinémas fut dans le film de Jean Jacques Beineix, Roselyne et les lions. Ensuite j’ai eu beaucoup de chance et les engagements se sont enchainés entre théâtre, cinéma, télévision, pendant presque 13 ans.

guillaume briat

Bien que vous ayez eu un certain nombre de seconds rôles dans de nombreux longs-métrages, vous êtes pour des millions de spectateurs le Roi Burgonde de la série Kaamelott. Comment avez-vous rencontré son créateur Alexandre Astier, et comment êtes-vous devenu ce personnage haut en couleur ?

J’ai tout simplement rencontré Alexandre Astier après avoir passé un casting. Un casting insolite où je suis allé sans avoir à apprendre de texte comme cela se fait habituellement et/ou j’ai découvert en arrivant « l’ampleur » du personnage. Il n’y a avait presque pas de texte pour ce personnage, à part quelques mots et éructations ; j’ai donc dû essayer de trouver ce Roi Burgonde avec cet accent slave et son caractère organique ! Après, tout prend forme sur le plateau avec son costume et ses partenaires, et de ce côté-là j’étais gâté. J’ai donc essayé tant bien que mal d'être ce Roi haut en couleur !

Vous avez commencé votre carrière au théâtre avec une pièce d’Eugène Labiche, un dramaturge dont le travail sur la langue a influencé, avec d’autres, le travail d’Alexandre Astier. Quelle importance prêtez-vous au travail sur la langue au cinéma ? Et qui sont selon vous les artistes qui travaillent le plus cette dimension ?

Oui c’était la pièce Le chapeau de paille d’Italie, où je jouais un père qui marie sa fille. « Mon gendre, tout est rompu ! » était la phrase récurrente du personnage. Là encore je n’étais pas totalement le personnage : j’avais 15 ans et lycéen et le personnage lui en avait 50 et allait devenir beau-père.

Concernant le texte, oui, j’y attache naturellement de l’importance (même si on n’a pas toujours le choix). En général vous savez assez rapidement quand vous découvrez un texte qu’il est bien écrit ou pas - en tout cas, suffisamment bien écrit pour être dit par des comédiens à haute voix. Quand le texte coule de source, qu’il est limpide, et qu’il est donc tellement plus facile à apprendre, c’est un vrai plaisir.

roi burgeoned

Bien sûr, beaucoup d’acteurs travaillent cette dimension, même si les textes que l’on peut avoir ne sont pas tous de la même qualité. Des acteurs d’univers différents comme Michel Bouquet, Laurent Laffitte, Pierre Niney et même Louis de Funès savent si bien à leur façon jouer le texte qu’ils ont à dire. Le texte c’est tout de même le carburant du comédien : quand il est bon et inspirant, il vous donne des ailes ; quand il est moins bon, c’est tout de suite plus délicat.  

Votre personnage dans Kaamelott rote, pète et prononce des répliques qui n’ont aucun sens dans le contexte, telles que « Cuillère ! » ou « Biographie ». Comment interprète-t-on un tel personnage sans rire ? Lui donne-t-on de la consistance en lui inventant un passé ? Ou au contraire, s’applique-t-on uniquement à respecter le texte sans ?

Il faut toujours savoir garder son sérieux, même lorsque l’on sait que ce que l’on fait est parfois ridicule. Tous les mots, les éructations étaient écrits, mais il y a tout le reste à inventer. C’est dans ces cas-là qu’il faut savoir revenir au premier plaisir de jeu ; jouer sans trop se soucier du ridicule. Mais jouer la situation. Lors du tournage, Alexandre Astier me demande de chanter la chanson À la volette en Burgonde. Je lui réponds naïvement que, moi Guillaume, je ne parle pas burgonde, alors je me lance et j’improvise un Gromlo Burgonde en chantant. Là il n’y a pas beaucoup de place pour psychologiser. Il faut juste y aller !!!

La série Kaamelott a beaucoup évolué depuis la diffusion de sa première saison. Après des épisodes de trois minutes trente, Alexandre Astier a terminé la série par deux saisons avec des épisodes d’une heure et au ton plus tragique, avant de se tourner vers le cinéma, avec Kaamelott : Premier Volet. Comment percevez-vous l’évolution de Kaamelott?

Je la perçois comme une évolution normale. Alexandre Astier avait sans doute besoin de plus d’espace pour raconter cette quête. Plus de temps, plus de décors réels. Peut-être qu’Alexandre souhaitait dès le début, après avoir réalisé son court métrage Dies Irae, d'en faire un long métrage. Cela s’est passé différemment, mais le succès de Kaamelott à la télévision lui a permis d’écrire Kaamelott pour le cinéma. Le temps, la patience et son talent ont fait son œuvre. Le prochain volet qui sera en deux parties est en préparation !

roi burgonde

Le Roi Burgonde est sans doute l’un des personnages les plus drôles de Kaamelott. Est-ce que les fans de la série vous reconnaissent dans la rue ? Quels liens avez-vous avec eux ? Y a-t-il des groupies du Roi Burgonde qui vous envoient des salsifis par la Poste ?

Oui, j’ai toujours été en lien avec les fans de Kaamelott et du roi Burgonde, et ce depuis le début. Eh oui étonnamment il y en a. C’est lorsque j’ai rencontré en 2006/2007 un groupe de fan appelé "Les Forts En Pommes" que j’ai compris l’engouement du public pour cette série. Ensuite c’est lors des conventions auxquelles je participe depuis plusieurs années que j’ai pu les rencontrer, comme ce week-end au Paris Fan Festival. Encore une grande convention en perspective.

Après le Roi Burgonde, vous avez prêté à deux reprises votre voix pour Obélix dans les deux films d’animation qu’a co-réalisés Alexandre Astier avec Louis Clichy. Comment interprète-t-on un personnage aussi légendaire, après l’interprétation de Gérard Depardieu ?

Gerard Depardieu, bien sûr, mais surtout pour ma génération la voix merveilleuse de Pierre Tornade. C’est avec lui que j’ai découvert petit les dessins animés d’Astérix. Bien sûr le travail ne consistait pas a faire un copié-collé de cette référence, mais de trouver avec ma propre voix une nouvelle façon d’être Obélix. Grâce aux oreilles expertes d’Alexandre Astier, nous avons petit à petit trouvé, je l’espère, la voix et la voie justes. C’est un travail délicat où il faut en même temps se servir de ce qui existe déjà formidablement et en même temps savoir apporter sa propre personnalité au personnage.  

Obélix

Vous avez également joué un petit rôle dans un épisode de la série Profilage réalisé par Simon Astier. Ses méthodes de metteur en scène et de direction d’acteur sont-elles les mêmes que celles de son demi-frère Alexandre ?

Simon a ce même talent pour diriger ses comédiens. Pour la petite histoire, j’avais donc passé le casting pour ce rôle et après ce premier essai, Simon m’a appelé pour me demander de repasser le casting avec de nouvelles intentions et indications de jeu. Tout peut être amélioré. C’est ce qu’il m’a permis de faire !

Vous avez également joué un rôle dans la web-série Brocéliande, écrite et réalisée par Youri Gone – depuis devenu rédacteur pour Hitek. Que retirez-vous de cette expérience ? Que pensez-vous de la production de séries sur internet ? Internet peut-il selon vous être un nouvel El Dorado pour les fictions humoristiques ? Y a-t-il des vidéastes avec qui vous souhaiteriez travailler (comme Le Joueur du Grenier ou Edward de Rétro Découverte) ?

Très honnêtement, je connais et regarde très peu les web-séries. Mea culpa. Mais Youri, que j’avais rencontré pour des interviews, m’a proposé ce projet que je trouvais intéressant, car lui, ne me demandait pas de rejouer un énième Roi Burgonde bis, ce qui m’a souvent été proposé justement sur d’autres web-séries auquel je n’ai pas participé. J’aimais bien son idée de départ d’une histoire parallèle à celle de Kaamelott. En plus, il écrit bien et le texte comme nous en parlions amenait le plaisir de jouer.

brocéliande

On l’a dit, vous avez joué dans Kaamelott : Premier Volet. Serez-vous dans le second ? Y a-t-il des choses que vous pouvez nous confier à son sujet ?

Comme vous le savez, tout ce qui tourne autour de Kaamelott reste très secret. Alors je ferai pareil ; je sais juste que le film est en préparation et que l’équipe est en marche pour ce prochain volet qui sera en deux parties. Alexandre lui-même, je suppose, donnera bientôt des nouvelles d’un début de tournage ? Quant à ma présence ? Mystere…

Quels sont vos futurs projets ?

Pour l’instant j’attends quelques réponses, mais rien de concret. Impatient de faire de nouvelles rencontres avec d’autres personnages. À suivre…

Merci d’avoir répondu à nos questions.

Merci à vous !

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Mots-Clés : kaamelottInterviewseriefantasy

Salut, c'est Gaëtan. Diplômé d'un Master en Langues Modernes, je suis un grand passionné de Culture Pop. J'ai une affection toute particulière pour la culture des années 80/90. Grand lecteur, je suis aussi cinéphage et sérivore (un régime alimentaire des plus équilibrés !). Passionné par le Moyen-Âge, je suis un grand fan de Fantasy. Sinon, j'adore le cinéma coréen, la littérature japonaise, les séries et les comics britanniques. Ah, j'oubliais : pour savoir s'il y a du vent, faut mettre son doigt dans le cul du coq.

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Commentaires (1)
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Par Sid le Paresseux, il y a 2 mois :

Un acteur au potentiel comique immense et qui semble particulièrement sympathique !

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