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Kaamelott : cinq raisons pour lesquelles les livres V et VI sont meilleurs que les quatre premiers

De Gaetan Desrois - Posté le 27 juin 2021 à 11h01 dans Séries TV

Quelques jours après la bande annonce de Kaamelott : Premier Volet, revenons sur un débat qui ne cesse de diviser les fans de Kaamelott : la réussite de la transition effectuée par Alexandre Astier du format court vers le format long. 

Attention : Nous aimons l'intégralité de la série, de son premier épisode à son dernier. Avec cet article, nous désirons désamorcer une critique qui pourrait être faite à Kaamelott : Premier Volet, puisqu'on s'attend à des critiques du type : "C'est trop sombre, c'est pas ça Kaamelott."  

L'histoire gagne en profondeur

Comme le savent tous les fans de Kaamelott, la série d'Alexandre Astier n'est pas seulement la chronique du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. Si la diffusion désordonnée des épisodes peut laisser penser aux néophytes qu'il s'agit uniquement d'une série humoristique, Kaamelott raconte bel et bien une histoire, qui a pris un tournant de plus en plus sombre. Depuis le Livre I, Alexandre Astier a placé les éléments de son intrigue : l'amour caché de Lancelot pour Guenièvre (Livre I, épisode 37, La Romance de Lancelot) ; son ressentiment pour Arthur (Livre II, épisode 85, Le Rebelle) ; son éloignement de la cour (Livre III, épisode 1, Le Chevalier Errant) ; l'amour naissant d'Arthur pour Mevanwi (Livre III, épisode 11, Ablutions) ; la rupture définitive entre Arthur et Lancelot (Livre III, épisodes 99 & 100, La Dispute) et le départ de Guenièvre (Livre III, épisode 100 : La Dispute).

Dans le Livre V, Alexandre Astier assume pleinement le côté sombre de son oeuvre. Si la saison n'est pas dénuée d'humour (on y reviendra !), l'auteur se concentre avant tout sur l'Histoire qu'il a à raconter : la chute d'Arthur dans la dépression. Il en résulte que le Livre V et VI ne souffrent d'aucune scène inutile, ce qui est assez fort pour un auteur jusqu'ici habitué au format court. Même les scènes les plus légères sont porteuses de sens. Ainsi, le voyage d'Arthur et Guenièvre chez Guethenoc sont l'occasion pour Alexandre Astier de montrer à la fois l'évolution de la relation entre les deux époux, et de montrer que malgré toutes ses qualités de souverain, Arthur est resté longtemps ignorant des vraies problèmes de la condition paysanne. 

Une réalisation plus travaillée

Acteur, scénariste et compositeur, Alexandre Astier porte également la casquette de réalisateur. Comme chacun sait, Alexandre Astier a très tôt désiré s'affranchir des contraintes du format court. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'une fois passé au format long, le réalisateur s'est fait plaisir. La première réflexion que l'on s'est faite, en découvrant pour la première fois le Livre V et le Livre VI, c'est combien la photographie des deux saisons tranchent avec celle du reste de la série. Astier a prêté une attention toute particulière aux ambiances et à la lumière, qui est très travaillée. 

Ensuite, les Livres V et VI ont été l'occasion pour Alexandre Astier de tirer le plus possible vers le format cinéma. Ainsi, le créateur de la série a pu se permettre des choses qu'il s'était jusqu'à présent interdites, à cause du budget et du format court : montrer le voyage de ses personnages. Depuis le Livre I, les personnages racontent leurs voyages. Dans les deux derniers livres, Astier nous montre leur itinérance (Arthur qui part à la recherche de ses enfants dans le Livre V, Arthur qui quitte Rome pour la première fois pour la Bretagne dans le Livre VI, et sa rencontre avec les principaux personnages). 

S'il n'est pas connu pour la complexité de ses mouvements de caméra, Alexandre Astier sait néanmoins travailler ses plans. Et quelques-uns des deux derniers livres en disent long sur les ambitions cinématographiques du réalisateur. On songe notamment à la séquence à la frontière de l'onirisme lorsqu'Arthur quitte brusquement le Phare en pleine nuit, ou encore à la révélation de la mort de Manilius, Drusilla et Julia (Livre VI, épisode 8, Lacrimosa), Astier filmant ces corps comme on filme une statue, ou encore le long monologue de César, avant que ne soit révélés la voix et le visage du sinistre Méléagant (Livre VI, épisode 8, Lacrimosa). 

Autres marqueurs des ambitions cinématographiques d'Astier, notons que la saison 6 a été filmée dans les mythiques studios de la Cinecittà, où furent tournés de nombreux chefs d'oeuvre du grand et du petit écran, dont la série Rome de HBO. Alexandre Astier a pu également utiliser de nombreux figurants. 

Des dialogues drôles et magnifiques 

Connue pour son humour, la série Kaamelott a effectivement pris un tournant plus sombre, qui a atteint son paroxysme avec le Livre V. Cependant, malgré la tristesse évidente des deux dernières saisons, elles ne sont pas, comme nous l'avons dit plus haut, dénuées d'humour. Toujours à la manière d'un Michel Audiard (un de ses maîtres), Astier manie avec brio l'art du dialogue et de la punchline qui claque ! 

Léodagan : Dites... Vous n'étiez pas consigné chez vous, très gros tas de fumier ? 

Roi Loth : C'est assez flou. Chez moi... Pas chez moi... Non, j'ai plus le droit de conspirer. Ca, ça m'a été très clairement stipulé. 

Léodagan : Moi, je crois que le roi vous a interdit de bouger de votre baraque. 

Roi Loth : Oui, mais quand je reste trop dans ma baraque, je conspire. C'est un réflexe. Du coup je prends l'air, ça vaut mieux pour tout le monde.

Utilisant plusieurs niveaux d'humour, Astier se fait également plus poète que jamais. La série devenant plus sombre, un spleen poétique semble habiter certaines de ses répliques

Arthur : Pour le Graal, j’ai bâti une forteresse, moi. Kaamelott, ça s’appelle. J’ai été chercher des chevaliers dans tout le royaume. En Calédonie, en Carmélide, à Gaunes, à Vannes, aux Pays de Galles. J’ai fait construire une grande table, pour que les chevaliers s’assoient ensemble. Je l’ai voulue ronde, pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve assis dans un angle, ou en bout de table. C’était compliqué, alors j’ai essayé d’expliquer ce qu’était le Graal, pour que tout le monde comprenne. C’était difficile, alors j’ai essayé de rigoler pour que personne ne s’ennuie. J’ai raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai.

Perceval : Non mais Sire, faut pas nous prendre au sérieux. Vous savez bien qu'on est des cons.

On se souvient également des nombreux dialogues de César, interprété par le légendaire Pierre Mondy : 

César à Arthur : Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il n'y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles.

Un casting impressionnant

L'une des grandes forces de la série Kaamelott est bien évidemment son casting. Un casting qui gagne en qualité avec le Livre V et le Livre VI. En plus des nombreux personnages principaux et secondaires de la série, les deux dernières saisons peuvent compter sur des acteurs de renom, qui ne se contentent pas d'un simple passage : comptons Alain Chabat (le Duc d'Aquitaine), Géraldine Nakache (la Duchesse d'Aquitaine), Christian Clavier (le Jurisconsulte), Pierre Mondy (César), Patrick Chesnais (Lucius Sillius Sallustius), François Levantal (Publius Servius Capito) ou encore Jackie Berroyer (Pellinor). 

N'oublions pas également que certains des seconds rôles de Kaamelott gagnent en importance et en présence dans le Livre V et VI. Ainsi, le génial François Rollin (Roi Loth) apparait dans plus de nombreux épisodes, même chose pour le très regretté Philippe Nahon (Goustan de Carmélide). 

Une plus grande place laissée à la musique

Sorti du format court, Alexandre Astier a pu revenir à son premier langage : la musique. Dans les Livres I à IV, la musique tient une place périphérique. Bien sûr, il y a le cor qui introduit chaque épisode, ainsi que le générique, mais pour traiter sa plus grande passion, cependant, la musique est pour le moins minimaliste. Le fan d'Alexandre Astier trouvera une consolation dans des épisodes qui sont entièrement consacrés à la musique, tels que Le Oud (Livre I, épisode 45), La Quinte Juste (Livre II, épisode 55) et Le Oud II (Livre IV, épisode 75). 

Avec le Livre V, Alexandre Astier se lance dans des compositions plus travaillées, et ce dès le générique, absolument magnifique. Une place qui va aller grandissant jusqu'au final du Livre VI, avec une reprise du thème musical de Jo, un film avec Louis De Funès. Avec Kaamelott : Premier Volet, les compositions d'Astier prendront un tour plus épique, comme en témoigne la bande originale sortie en novembre 2020. 

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Mots-Clés : alexandre astierkaamelottKaamelott : premier voletseriesérie françaisearthurCinemaM6

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Commentaires (11)

Par Old Yoda, il y a 3 mois :

Perso, j'ai toujours aimé Kaamelott, mais j'ai commencé à considérer véritablement Astier comme un génie avec le livre V. Je l'ai trouvé grandiose d'un bout à l'autre, et je ne comprends pas ceux qui lui crachent dessus !

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Par Netsuko, il y a 3 mois :

Mes préférés restent les livres 1 à 3, quand l'histoire était plus légère et 100% humour.
Mais tout se mettait en, place, de petits indicent annoncent la suite au milieu des rires...
Et même si ma préférence va aux premiers livres, j'ai appréciés les suivants aussi, qui sont différents.

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Par Mrgoodgift, il y a 3 mois :

Les livres V et VI ne sont absolument pas "meilleurs" que les 4 premiers, ils sont simplement assez différents.

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Par Caledo0, il y a 3 mois :

Bonsoir non

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Par Murgovaure, il y a 3 mois via l'application Hitek :

Le livre VI restera pour moi le meilleur. Beaucoup d'éléments sont éclairci au cours de ce livre. Le maître d'armes n'a que peu de répliques mais elles sont toutes excellentes ! Ma préférée : "Euh... Juste une chose, manquez encore une seule fois de respect au futur roi de Bretagne et je vous coupe les boules. Ça vous fera une jolie petite sacoche pour ranger vos dés à coudre." C'est pas du génie ça ?

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Par Ouicmoi, il y a 3 mois :

Ils sympa
Mais sont clairement pas les meilleurs comme dit par beaucoup de monde
D'ailleurs si la minorité préfére les 1 a 4 c'est que ça reste les meilleurs
En soit plus ça plaît à un large public plus c'est réussi

Après je me répète mais le 5 et 6 sont très très bon

Mais même Alexandre avait dit moins aimé les 5 et 6 et je crois même qu'il avait dit qu'ils avait pas eu la mainmise dessus (je le trompes peut-être

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Par Breizhowsky, il y a 3 mois (en réponse à Ouicmoi):

J'ai plutôt souvenir d'un Astier regrettant à l'époque que le public ait moins aimé le livre V car lui la considère comme la meilleure.

https://www.youtube.com/watch?v=VAl9NITNjUo

A partir de 2:10

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Par chebli, il y a 3 mois :

C'est Licinia (copine de Manilius) qui meure et pas Drusilla (servante d'Aconia)!

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Par omer cybokou, il y a 3 mois :

Au début je n'accrochais pas trop à Kaamelott. Pour moi c'était plutôt surjoué par les différents acteurs et l'agressivité des dialogues dans un contexte totalement anachronique style chevalerie en armure fin moyen-âge/début renaissance me mettait mal à l'aise (on sortait du cultissime "Caméra café" qui avait placé très haut la barre du genre court. Epy, beeeennn, chuis tombé dedans. Ca prend comme la grippe, violemment et par surprise ... Depuis, chaque épisode me donne la banane !

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Par Inès, il y a 3 mois :

Quel plaisir de voir évoluer Kaamelott au fil des saisons. Les 4 premières sont une mine d'or de références, d'humour et de morales cachées. La saison 5 révèle tout le génie d'Alexandre Astier, la suite logique pour ce roi entouré de pignouf : chercher ses enfants. J'aime la tournure que Kaamelott a pris et le livre 6 est comme la cerise sur le gateau. Ces centaines d'épisodes regardés en boucle prennent tous un sens. D'où il vient, ce qu'il vit, l'impact sur ses relations (notamment celle avec Guenièvre quel génie). Le dernier épisode de la saison 6 est pour moi une masterclass. 6 Livres résumés en un épisode nous donnant réponses et interrogations pour la suite. Pour moi il n'y a pas de meilleurs livres mais une suite logique qui ne laisse place à rien d'autres que le génie du grand Astier.

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Par Muad-Dib, il y a 3 mois :

Les livres I à IV sont très bons car possèdant un humour qui fonctionne à merveille tout en faisant progresser petit à petit une histoire. A partir du Livre V jusqu'au VI, Alexandre Astier prend le melon et tente de nous faire une oeuvre cinématographique plus sérieuse, sauf qu'il n'a aucun talent pour ça malheureusement. On se retrouve donc avec une mise en scène d'amateur, et du comique qui fait de la redite des anciens livres. Astier aurait du se contenter de ce qu'il savait faire, à savoir du comique, point barre.

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