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Critique Doctor Strange in the Multiverse of Madness : un film qui lance enfin la phase 4 du MCU mais qui va diviser (sans spoil)

De Tiphaine Elsener - Posté le 3 mai 2022 à 15h00 dans Cinéma

Le film Doctor Strange in the Multiverse of Madness, réalisé par Sam Raimi, est le film le plus attendu de l'année 2022 pour les fans de Marvel, après la sortie d'un No Way Home acclamé par ces derniers. Nous avons eu la chance de le découvrir lors de l'avant-première presse diffusée ce matin même, et nous vous en proposons, de ce fait, une critique sans spoil.

La suite des séries marvel

Le résumé du scénario de Doctor Strange in the Multiverse of Madness, tel qu'il nous avait été présenté, était le suivant : 

Plusieurs mois après les événements liés à Spider-Man, Docteur Strange va devoir traverser les hallucinantes et dangereuses réalités alternatives du Multivers. Afin de pouvoir faire face à ce grand périple, Strange sollicite l'aide de Wanda Maximoff, qui est devenue pleinement Scarlet Witch, et qui possède désormais d'immenses pouvoirs qui peuvent vite devenir incontrôlables. Strange, quand à lui, va rencontrer America Chavez, une mystérieuse adolescente capable de créer des portails vers d'autres univers.

Et pour commencer, si vous vous posez la question, oui, certaines productions du MCU doivent impérativement être vues pour comprendre l'intrigue qui se joue dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness. Bien évidemment, il vous faudra avoir vu Avengers : Endgame, Spider-Man : No Way Home et le premier Doctor Strange, mais surtout, il faudra avoir en tête ce qui s'est déroulé dans les séries WandaVision et What If...?.

La série WandaVision donne les bases du scénario de Multiverse of Madness en effet, tandis que la série What If...? vous permettra non seulement de mieux comprendre le fonctionnement du multivers, mais aussi de relever de nombreux clins d'oeil réalisés par les studios Marvel

Le premier film du mcu APPARENTÉ au genre horrifique

Sam Raimi voulait créer, avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness, le premier film horrifique du MCU. Doctor Strange 2 a ainsi obtenu une classification PG-13 du côté outre-Atlantique, et bien que de notre côté aucune mesure n'ait été prise pour interdire de jeunes enfants de voir le film, force est de constater que Sam Raimi a réussi son pari : il s'agit bien du tout premier film d'horreur du MCU. 

Entre jumpscares et autres mécaniques du cinéma d'horreur, avec une musique bien choisie (et bien dosée) suivant les séquences, ce film est clairement le tout premier film du MCU à nous faire sursauter à plusieurs reprises. Les chairs s'ouvrent, le sang coule, et aucun son lié à ces blessures, aussi dégoûtant soit-il, n'est passé sous silence. De fait, les scènes d'action sont bien plus visuelles, et l'on se prend au spectacle. 

À la découverte de nouveaux-venus

Nous avons aussi apprécié de découvrir le personnage d'America Chavez, qui devrait devenir très important pour la suite du MCU, avec des pouvoirs plutôt impressionnants.

Malheureusement, en dehors de cette dernière, les autres nouveaux-venus nous ont paru fortement sous-exploités, et pour cause : le film ne dure que 2h06. Il est très difficile, avec une telle durée, de se concentrer à la fois sur ce que représente le multivers, et sur les nouveaux-venus présentés. America Chavez reste donc la bonne découverte du film, loin devant tous les autres.

L'ouverture du multivers

Venons-en au fait désormais : qu'avons-nous vraiment pensé de ce deuxième opus de Doctor Strange ? Eh bien, il aurait fallu garder à l'esprit que ce film est avant tout un film d'introduction pour le multivers. Après No Way Home en effet, il convenait de montrer les possibilités qu'offrent le multivers, et de nous en montrer plus sur son fonctionnement global. Doctor Strange in the Multiverse of Madness est donc un bon film d'introduction pour le multivers, mais quand à savoir si c'est un bon film pour un fan du MCU ... Cela reste à voir.

Avec No Way Home, nous avons plongé dans les merveilles qu'offrent potentiellement le multivers. Doctor Strange 2, de son côté privilégie l'ambiance et le scénario au fan service. Sur certains points, c'est agréable, et sur d'autres, c'est plutôt décevant. L'ouverture du multivers engendrait de très nombreuses possibilités, et Marvel a avant tout cherché à montrer qu'elles existaient, sans toutefois nous les présenter réellement. En d'autres termes, Marvel en garde sous le pied, et ce film doit être vu comme une introduction à de futures productions explosives, plutôt que comme une production qui restera dans les annales.

Conclusion

Doctor Strange in the Multiverse of Madness est un bon film d'introduction pour l'ouverture du multivers, et on le comprend notamment à la toute fin du film. Pour autant, après No Way Home, il paraît presque un peu fade, malgré quelques surprises sympathiques. Marvel nous donne donc l'eau à la bouche, mais ne nous donne rien de bien consistant par la suite, rien de suffisant, en tout cas, pour nous sustenter. Fort heureusement, le talent de Sam Raimi permet au film de se démarquer de ses prédécesseurs, en installant une ambiance horrifique sympathique. Pour sûr, Doctor Strange in the Multiverse of Madness va diviser les fans. N'oubliez pas, cependant, de rester jusqu'à la fin du générique. Vous le savez, Marvel nous habitue à des scènes post-générique, et ce film ne fait exception.

Et si vous souhaitez prendre connaissance d'autres critiques du film, écrites par nos confrères journalistes, vous pouvez consulter notre précédent article sur le sujet.

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Commentaires (8)

Par Roudolphe, il y a 2 mois :

De ce que je lis un peu partout ça divise vraiment ce film, ça m'inquiète un peu ...

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Par Terras, il y a 2 mois :

Lol, je l'ai pas vu mais un film d'horreur? Sérieux? Mais c'est quoi cette reprise d'argument marketing?
Genre le film va côtoyer les rayons à côté de Conjuring, Insidious, Freddy VS Jason, bien sûr, j'y crois...

En vérité, tout comme Captain américa 2 est un film "d'espionnage" celui-ci est un film "d'horreur". Autrement dit, il va p-e flirter avec certains codes, mais les films Marvel sont tous les mêmes et ont la même standardisation. Le reste, c'est pour décorer.

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Par Bibalo, il y a 2 mois (en réponse à Terras):

Déjà si pour toi Freddy/Jason et Conjuring c'est le même type de films c'est qu'il y a un soucis dans le postulat de base ...

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Par Terras, il y a 2 mois (en réponse à Bibalo):

Ce n'est clairement pas le même, Conjuring c'est de l'épouvante, Freddy un Flasher.

Toutefois, les deux (épouvante/horreur) appartiennent à une catégorie bien à part. Qu'on ne vienne pas me dire qu'un Marvel va jouer dans la même cour.

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Par Terras, il y a 2 mois (en réponse à Terras):

*Slasher, désolé. Mon correcteur est un peu taquin

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Par GI-JU_73, il y a 2 mois :

Verdict: Il n'a absolument rien d'un film d'horreur...mis à part 2 ou 3 jump scares sympathiques.
Je l'ai personnellement trouvé très moyen, tant sur le fond que sur la forme.
Trés déçu par ce résultat.

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Par GI-JU_73, il y a 2 mois (en réponse à GI-JU_73):

Heureusement que la bande d'Avatar 2, ainsi que le passage de 30s dans lequel SPOIIILLLLLLLLLLLLL Strange traverse plein de multivers à la suite, étaient présents pour sauver les meubles.

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Par Flo, il y a 2 mois :

« It’s a Mad, Mad, Mad, Mad MCU… »

Sam Raimi, oui, eh bien ? Ce n’est pas son premier film de commande, ça représente même une grosse partie de sa filmographie..
Pas du tout celui qui a lancé les films de super-héros modernes, c’est à dire plus concernés par leurs divers personnages et leur évolution extensive, et moins par la technicité virtuose. Plus du tout une obligation ça, ça se fait au cas par cas, selon le type d’histoire.
Ce qui se justifie ici tant Dr Strange, c’est pas juste de l’action, des vignettes punchy qui passent rapidement. Non dans les comics, ce sont des pages où, au contraire, on peut prendre plus de plaisir à admirer (et frissonner) quelques secondes de plus devant des instants surnaturels, remplis d’idées folles et baroques.
Or, ce goût de croire qu’on va au cinéma comme si on était au Musée, à regarder longuement des tableaux dans un silence respectueux (ce qui peut passer aussi pour un excès de prétention, attention !)… Est-ce compatible avec ce qui restera toujours un blockbuster super-héroique populaire, qui avance et avance, encore et encore ?
Pas toujours, mais le délire visuel est pourtant bien là, les purs moments tripants prenant encore plus leur temps.

Ce qui est assez programmatique dans le MCU – dans le premier on avait donc la scène de Trip avec l’Ancienne (celle de la poursuite à New York est pas mal, mais moins tout de même)… et par exemple dans un film comme « Far From Home », c’était la première attaque véritable de Mysterio.
Une structure maintenant très prévisible, avec deux types de gros climax, un vers le milieu puis un tout à la fin… Et entre les deux, on bouge, on parle, on s’amuse et… on ennuie la critique et les esthètes. À qui ce genre de film ne s’adresse jamais. Et pourtant, ils ont toujours l’espoir naïf que, un jour…
Mais malgré ces scènes visuelles plus fortes que le reste… et bien le film continue, il se relance. Ce genre de scènes peut devenir un piège qui alourdi le rythme si jamais on prend le temps (et l’argent) pour beaucoup les bichonner.
Or les films super-héroiques ont maintenant un rythme particulier (idéal ?), se permettant d’être remplis de plus de scènes, plus de caractérisations, plus de détails – mais qui se racontent sur la longueur, dans d’autres suites.

Alors maintenant que ici, l’équipe de Kevin Feige (riant sous cape à l’idée de surprendre encore les critiques ?) prend vraiment au sérieux la charge visuelle que doit logiquement avoir ce film, ainsi que le style de son réalisateur, est-ce réellement un événement auteuriste exceptionnel ?
Non, pas du tout. Ça l’a toujours été, dans quasi tous les films (ceux où le développement a été mené jusqu’au bout). Les thématiques, celles qui intéressaient chaque réalisateur depuis avant leur passage au MCU…
Et pour Raimi donc, on retrouve là ses mêmes marottes :
– Superpositions de plans à l’écran ;
– Zooms caméras ;
– Sorcières et monstres en folie ;
– Gros plans sur les yeux et les reflets ;
– Quelques idées cartoonesques sympas et assez inédites…
Et une jolie et grave partie centrale à propos de la solitude, et des sacrifices qu’on doit accepter de faire. Benedict Cumberbatch et Elisabeth Olsen principalement, et ils y sont très bons (quoique pas assez pince-sans-rire pour lui), y compris la jeune Xochitl Gomez dans un rôle largement remanié.
Bien, très bien…

Si ce n’est qu’il y a aussi un scénario, qui utiliserait donc beaucoup de possibilités de l’Univers Marvel.
Et de ce côté là, il font littéralement N’im-porte-quoi ! Pas du N’importe quoi à la Michael Bay, où une narration véloce serait si viscérale qu’il n’y aurait pas à trop réfléchir…
Ni à la Shane Black/James Gunn/Taika Waititi, limites, mais qui évitent de justesse de tomber dans de la pure parodie… Non, n’osant retrancher une part de sa grosseur narrative, l’équilibre de ce film n’est pas assez présent :
Des éléments scénaristiques passent au hors champ – les nouvelles fonctionnalités de l’Œil d’Agamotto, ou la quête anti-magie de Mordo… à ce propos, des personnages voient leur arc narratique être mis de côté pour sauter vers ceux de divers doubles dimensionnels (variants, ou teasés) qui nous tombent dessus d’une manière peu cohérente et peu naturelle, si ce n’est que des acteurs étaient juste connus, espérés, ou sous contrat.

Pire encore, certains personnages, quelle que soit leur importance (et l’affection qu’on peut leur porter), sont carrément détruits dans un jeu de massacre qui ne peut cacher des ficelles plus visibles qu’à l’accoutumée, voire même le cynisme de l’entreprise… puisqu’on pourrait aussi bien les remplacer un jour par un double. Ainsi, et bien qu’il y ait des instants relativement sursautants et sombres, on est loin de la logique d’un vrai Film d’Horreur, où toutes les victimes n’ont aucune deuxième chance.
Des dialogues nous y mettent en garde de ne pas jouer avec le Multivers, mais finalement le film tombe plusieurs fois dans le piège qu’il est censé dénoncer. Pourtant, on n’est pas dans « Rick et Morty » (un des scénaristes), ce n’est pas une comédie loufoque normalement. L’histoire de Wanda Maximoff y est tout sauf amusante.
Et on imagine mal Raimi assumer de mettre en pièces des idées du MCU, dans le dos de l’équipe de Feige, pour montrer qui est le patron et comment faire un bon film de super-héros. Pas possible, surtout quand des reshoots sous haute surveillance ont eu lieu.
C’était peut-être de la maladresse…
La leçon du trop sous-estimé « Spider-Man : No Way Home » n’a donc pas été retenue : quand on utilise des doubles dimensionnels, ça ne marche bien que si ceux-ci sont les mêmes que nous connaissons (au cinéma, pas dans les comics), utilisés pour mieux servir le voyage personnel du héros titre, et de façon suffisamment empathique.

Pas assez là, le fameux Fan-Service ne se transcende pas… Il s’agit peut-être du film Marvel le plus « gratuit » jamais fait, comprenant des clins d’œil hyper érudits visant aussi bien les fans de comics (qui ne représentent pas le gros du public) que, encore plus rare, les fans du premier film… à coup de citation d’un artéfact à l’utilisation jusque là inconnue, ou d’un personnage coupé du développement du script (la sœur).
Mais tout ça ne prend hélas pas assez la forme d’un Grand Huit surexcitant, sans haleine, suffisant pour faire passer la pillule avant qu’on arrive à la dernière demi-heure. À ce moment là, une fois que presque toutes ces références sont complètement évacuées dans le carnage, le film s’autorise enfin à vriller efficacement sans être parasité par des à côté marveliens, jusqu’à un final toutefois prévisible.
Trop tard, y compris pour les bons sentiments qui y sont exprimés ?

Une deuxième vision serait alors envisageable, pour prendre plutôt le film pour ce qu’il semble être : une comédie dramatique noire.
On se croirait même dans un de ces films de super-héros des années 80/90/début 2000 (jusqu’à « Hellboy II » disons), qui se comportaient comme si on était dans un film d’épouvante romantique, et qui ont un peu trop forgé la culture super-héroique de bon nombre de spectateurs, pour qui « ça doit forcément ressembler à ça ! » (ou sinon, au Classicisme du premier « Superman »).
Ils n’ont pas compris que tout ça a bénéficié des moyens techniques qu’avaient déjà apporté les films d’horreur, et que à l’époque c’était encore très vendeur pour le public… Mais techniquement plus limité.
C’est ça, la Nostalgie… Elle nous empêche de voir l’évidence.

Donc oui, on sort assez des clous du MCU… Lequel existe en partie grâce aux mises en place d’antan de Raimi – on se mord la queue.
Mais nous ne sommes pas non plus avec un Sam Raimi se réappropriant toute une franchise, pour la tordre complètement et la faire sienne, surtout avec les diverses difficultés de production qui ont pu impacter le tournage pendant cette période.
À moins qu’il ne revienne pour un autre épisode, qui s’annoncerait à priori bien plus fou et marrant, libre de n’être dans l’exagération qu’en restant dans son propre pré carré.

« Magical Mystery Tour »

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