Ghibli : ces 6 oeuvres qui ont inspiré Hayao Miyazaki
Maître absolu du cinéma d'animation japonais, Hayao Miyazaki a récemment été honoré - avec le studio Ghibli - au Festival de Cannes, d'une Palme d'Or spéciale. L'occasion pour Miyazaki de faire rire les twittos avec une vidéo hilarante, et pour nous de rendre hommage à cette légende vivante, en nous intéressant aux oeuvres et artistes qui l'ont inspiré, comme nous l'avions fait pour Alexandre Astier (Kaamelott) et Neil Druckmann (The Last of Us).
#1 Le cinéma d'Akira Kurosawa
Le pape du cinéma japonais a bien évidemment eu une influence majeure sur la carrière de Hayao Miyazaki. Non seulement le maître a cité le réalisateur des Sept Samouraïs (1954) parmi ses réalisateurs japonais préférés - aux côtés de Yasujirô Ozu et de Mikio Naruse -, mais il lui a également rendu un hommage vibrant avec Princesse Mononoke, que de nombreux fans considèrent comme le plus grand film de Hayao Miyazaki.
En effet, de l'aveu même du co-fondateur du studio Ghibli, Princesse Mononoké a été principalement inspiré par Le Château de l'araignée (1957) et La Forteresse cachée (1958) d'Akira Kurosawa. Par ailleurs, Les Sept Samouraïs figure parmi les dix films préférés de Miyazaki, dont le classement est à retrouver ici.
#2 Le Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry (1953)
La littérature française a bien évidemment inspiré l'oeuvre de Hayao Miyazaki. Alors que Gina interprète en français la chanson communarde Le Temps des Cerises de Jean-Baptiste Clément dans Porco Rosso, Jiro Horikoshi et Nahoko dialoguent en citant deux hémistiches d'un vers du Cimetière Marin du poète Paul Valéry dans Le Vent se lève : "Le Vent se lève !... Il faut tenter de vivre !"
En outre, Hayao Miyazaki n'a jamais caché son admiration pour l'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry, qu'il juge en partie responsable de la passion qu'il a pour les années 30. Il faut dire qu'en plus d'avoir écrit l'un des plus beaux romans pour la jeunesse, avec Le Petit Prince - que Hayao Miyazaki considère comme son livre préféré ! -, Antoine de Saint-Exupéry était également un aviateur profondément humaniste, comme en témoigne son roman autobiographique Terre des Hommes. Quant on sait l'amour de Hayao Miyazaki pour les avions et son propre engagement humaniste, son intérêt pour ce gigantesque écrivain français n'en est que plus évident.
#3 Les Silly Symphonies de Walt Disney (1929-1939)
Hayao Miyazaki n'apprécie pas particulièrement les productions du studio Disney, et son oeuvre cinématographique apparaît souvent comme un parfait contrepoint aux films produits par le studio aux grandes oreilles. Toutefois, le cinéaste n'a pas manqué de nuancer ses critiques en confessant son admiration pour les Silly Symphonies, cette série de courts-métrages produits entre 1929 et 1939, adaptant pour la plupart des contes et des fables européens, et ayant servi de laboratoire au studio Disney pour leur travail sur Blanche-Neige et les Sept Nains.
Notons que si l'influence des Silly Symphonies n'est pas immédiatement perceptible dans les longs-métrages de Hayao Miyazaki, on peut toutefois la ressentir un peu plus avec les courts-métrages qu'il a réalisés pour le Musée Ghibli, et dont quatre ont été récemment dévoilés en France. En effet, certains d'entre eux semblent évoquer dans leur structure même ces vieux courts-métrages musicaux et poétiques du premier Âge d'Or du studio Disney.
#4 Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll (1865)
Comptant parmi les livres les plus importants de la littérature anglaise, Alice au Pays des Merveilles figure parmi les romans préférés de Hayao Miyazaki. Au-delà du fait que Miyazaki a pu être touché par le fait que ce roman merveilleux soit centré autour d'un personnage féminin, l'imagination débordante et sans limite de Lewis Carroll a naturellement impacté le cinéaste japonais.
On retrouve d'ailleurs du Alice au Pays des Merveilles dans plusieurs de ses longs-métrages, à commencer par Le Voyage de Chihiro, qui ressemble à bien des égards à un Alice version shintoïste. On songe aussi au Garçon et le Héron, le Lapin Blanc remplacé par ce héron énigmatique.
#5 La Bergère et le Ramoneur, de Paul Grimault et Jacques Prévert (1953)
On ne dira jamais suffisamment combien La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault et Jacques Prévert a eu une influence majeure sur l'oeuvre de Miyazaki. Adapté d'un conte de Hans Christian Andersen, il s'agit de la première version par Paul Grimault et Jacques Prévert du cultissime film d'animation Le Roi et l'Oiseau. Louant la science du mouvement et du changement de rythme du film, qu'il a découvert dans les années 1950, Hayao Miyazaki a souvent cité explicitement le long-métrage.
Au point que son premier film d'animation, Le Château de Cagliostro tire autant son influence de l'oeuvre de Maurice Leblanc (normal pour un film Lupin III) que du film de Grimault : du mariage contrarié entre un tyran et une belle jeune fille à ce château évoquant à bien des égards celui du Roi de Takicardie, Grimault et Prévert sont partout ! Son troisième long-métrage, Le Château dans le ciel, s'inspire également de La Bergère et le Ramoneur, notamment pour ses robots.
#6 Le Serpent blanc, de Taiji Yabushita (1958)
Sorti en 1958 et inspiré d'une célèbre légende chinoise, Le Serpent Blanc est réputé pour être le premier film d'animation de l'Histoire du cinéma japonais. Le long-métrage a eu une influence majeure sur Hayao Miyazaki, qui l'a découvert à l'âge de 17 ans. Non seulement il est tombé amoureux de son personnage féminin, mais en plus il confiera que le Serpent Blanc l'a "convaincu, qu'au Japon aussi, il était possible d'exprimer beaucoup de choses par le biais de l'animation". Autrement dit, on doit très certainement au Serpent Blanc la carrière de Hayao Miyazaki.